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Ebola en Ituri : à Nizi, les enquêtes communautaires contribuent à réduire les résistances à la riposte

Les personnels soignants d'Ebola à Bunia

La zone de santé de Nizi, en Ituri, figure parmi les premières entités affectées par l’épidémie de maladie à virus de souche Bundibugyo. Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle a enregistré en juillet 2026 un total de 827 cas confirmés, dont 488 décès, avec un taux de décès communautaire de 59 %. Face aux réticences liées aux soins et aux enterrements dignes et sécurisés (EDS), des enquêtes communautaires ont permis d’adapter les stratégies de riposte aux réalités locales.

« L’épidémie a atteint son niveau le plus critique au mois de juillet », se souvient le Dr Jean-Claude Lonzama, médecin chef de la zone de santé de Nizi. Les refus de recours aux centres de traitement Ebola et aux EDS compliquaient alors les interventions sanitaires.

Avec l’appui de l’OMS, une enquête rapide menée du 10 au 18 août dans quatre aires de santé a permis d’identifier plusieurs facteurs favorisant la transmission, notamment la banalisation des premiers symptômes, l’automédication, le recours aux tradipraticiens et certaines pratiques funéraires exposant les familles au virus.

« Nous avons essayé de comprendre les causes sociales et culturelles qui sont à l’origine du refus des interventions qui sauvent des vies », explique Nina Gobat, chargée des enquêtes communautaires au sein de l’équipe de réponse de l’OMS.

À la suite de cette évaluation, les leaders locaux ont été mobilisés pour sensibiliser les populations. Deogratias Mungu-Djakisa, chef du groupement Taratibo (territoire de Djugu), affirme que les formations reçues lui permettent désormais de relayer les mesures de prévention au sein de sa communauté.

En octobre, Nizi a encore rapporté 119 cas confirmés, dont 51 décès communautaires. Malgré cette persistance de l’épidémie, les mécanismes d’alerte semblent évoluer. « Aujourd’hui, nous arrivons à répondre à toutes les alertes relatives à un décès dans la communauté », souligne le Dr Lonzama.

L’expérience de Nizi met en évidence l’importance de l’implication des communautés dans la riposte contre Ebola. Au-delà des structures sanitaires, la compréhension des réalités sociales et culturelles apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la prévention et interrompre la transmission.

Huit provinces de la RDC sont touchées par l’épidémie d’Ebola : Ituri, Tshopo, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele, Bas-Uele, Sud-Ubangi et Nord-Ubangi. Au 2 novembre, 5 165 décès étaient enregistrés, selon les chiffres officiels.

Freddy Upar, à Bunia