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En RDC, le gouvernement lance l’académique 2026-2027 et maintient la suspension des activités à Goma et à Bukavu 

Lancement de l'année académique 2026-2027

La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Marie-Thérèse Sombo a procédé lundi 26 octobre 2026 au lancement de l’année académique 2026-2027 en RDC. La cérémonie s’est déroulée dans la province du Kongo Central en présence des membres des comités de gestion de plusieurs universités et instituts supérieurs venus de différentes régions du pays.

La ministre est revenue sur les défis auxquels le secteur de l’enseignement supérieur est confronté, notamment la situation sécuritaire dans l’Est du pays, où des universités et instituts supérieurs se trouvent dans des zones contrôlées par la rébellion de l’AFC/M23 devenue le Front pour la refondation de la nation (FRN). Elle a également évoqué les difficultés sanitaires et l’amélioration de la qualité de la formation.

« En cette rentrée, nous honorons la mémoire des étudiants, des enseignants, des chercheurs et des personnels victimes de violences dans l’Est de notre pays. Nous condamnons l’agression de notre pays par l’armée rwandaise et les atteintes à la dignité humaine. La continuité des parcours demeure une responsabilité du ministère et de l’ensemble de notre communauté », a déclaré la ministre.

Abordant la situation des établissements d’enseignement supérieur à Goma et à Bukavu, Marie-Thérèse Sombo a appelé les établissements d’accueil à examiner rapidement les dossiers des étudiants et des personnels concernés, à faciliter leur intégration dans le respect des règles en vigueur et à transmettre les difficultés rencontrées aux services compétents.

« Les établissements d’accueil sont appelés à examiner avec diligence les dossiers des étudiants et personnels concernés, à faciliter leur intégration dans le respect des règles applicables et à transmettre les difficultés documentées aux services compétents. La protection des personnes doit aller de pair avec la régularité des actes académiques et la crédibilité des diplômes », a-t-elle souligné.

Alors que cette question continue de susciter des réactions, la ministre a rappelé les raisons de la suspension provisoire des activités académiques dans les établissements concernés.

« Cette décision vise à protéger les étudiants et les personnels, à préserver la légalité de la gouvernance universitaire et à empêcher que des actes académiques irréguliers ne compromettent la valeur des diplômes. Elle appelle à un accompagnement solidaire des communautés affectées afin de faciliter la poursuite des parcours dans les établissements habilités », a-t-elle expliqué.

Par ailleurs, la ministre a exprimé son soutien aux communautés universitaires confrontées à des difficultés sanitaires, notamment à Kisangani, Bunia et Beni. Évoquant les risques liés à Ebola, elle a appelé les établissements concernés à renforcer les mesures de prévention, les mécanismes d’alerte et la continuité des enseignements

« Face aux risques liés à Ebola, les établissements concernés doivent relayer et renforcer la prévention, les mécanismes d’alerte et la continuité pédagogique. Aucune communauté universitaire ne doit se sentir abandonnée face à l’épreuve. »

Au-delà des urgences sécuritaires et sanitaires, Marie-Thérèse Sombo a réaffirmé la nécessité de former des cadres compétents et intègres, capables de contribuer au développement de la RDC.

« Notre ambition est de former des femmes et des hommes compétents, intègres et capables de servir leur pays. Nos institutions doivent contribuer aux réponses qu’appellent les défis de la santé, de l’alimentation, des infrastructures, de l’environnement et de la transformation numérique. Cette ambition engage chacun de nous. Au ministère revient la responsabilité d’orienter, d’accompagner et de suivre. Aux établissements, celle de mettre en œuvre avec rigueur. Aux enseignants et aux chercheurs, celle de former et de produire des connaissances. Aux étudiants, celle de s’investir pleinement dans leur apprentissage ».

Cette rentrée académique 2026-2027 intervient dans un contexte de conflit entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, devenue FRN qui se traduit également par des différends juridiques concernant la gestion des établissements d’enseignement supérieur dans les zones sous contrôle rebelle. La rébellion, qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avait décidé de nommer de nouveaux membres au sein des comités de gestion de plusieurs universités et instituts supérieurs situés dans ces zones. Une décision contestée par Kinshasa, qui revendique sa compétence légale en matière de nomination et de révocation des responsables de ce secteur.

En réaction, les autorités congolaises ont décidé de suspendre provisoirement les activités académiques dans les établissements concernés, afin de préserver la légalité de la gouvernance universitaire et la valeur des diplômes. Du côté de la rébellion, cette décision est considérée comme sans effet. À la mi-octobre, les dirigeants de la rébellion, notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, avaient déjà annoncé la reprise de l’année académique 2026-2027 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.

Clément MUAMBA