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« Les engagements précédents restent insuffisamment appliqués »: le Burundi interpelle le Conseil de sécurité sur la crise dans l’Est de la RDC

Conseil de sécurité de l'ONU

Un des voisins de la RDC, considéré comme l’un de ses alliés dans la région des Grands Lacs, le Burundi, insiste sur la nécessité d’une réponse concertée des pays de la région face à la persistance de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). En effet, les hostilités se poursuivent sur le terrain entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda et ses alliés.

Au Conseil de sécurité des Nations unies, à New York, aux États-Unis, lors du briefing trimestriel consacré à la situation en RDC, sous la présidence de la France, l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga, a insisté sur la nécessité de privilégier la prévention, la mise en œuvre des engagements déjà pris et une meilleure coordination entre les acteurs de la région des Grands Lacs.

D’entrée de jeu, l’ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU a notamment souligné l’implication des acteurs régionaux dans les efforts visant à réduire les tensions en République démocratique du Congo. Selon Zéphyrin Maniratanga, les échanges engagés entre les Nations unies et plusieurs pays de la région témoignent également de la nécessité d’une démarche collective.

« Nous souhaitons souligner la dimension régionale de cette crise. Au paragraphe 5, le rapport relève l’engagement constant du président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, aux côtés d’autres acteurs régionaux et religieux, pour réduire le risque de confrontation dans le contexte politique congolais. Au paragraphe 28, il fait état des échanges du représentant spécial du secrétaire général avec les autorités du Burundi, du Rwanda et de l’Ouganda, dans le cadre de ses bons offices en faveur du processus de paix. Ces éléments montrent que la résolution de la crise dans l’est de la RDC exige une approche régionale concertée », a fait savoir, mardi 29 septembre, l'ambassadeur et représentant permanent du Burundi auprès de l’ONU, Zéphyrin Maniratanga 

Le représentant permanent du Burundi a rappelé que les violences dans l’Est de la RDC s’inscrivent dans une histoire marquée par des cycles récurrents de conflits et d’instabilité. Il a appelé le Conseil de sécurité à privilégier l’application des décisions déjà adoptées plutôt que d’attendre de nouvelles escalades pour agir.

« Depuis des décennies, la région des Grands Lacs, en particulier l’Est de la RDC, connaît des cycles dévastateurs de violence. Les causes de cette instabilité sont documentées et des solutions ont été proposées », a-t-il rappelé dans son intervention, évoquant notamment la résolution 2773, adoptée en 2025, l’ambassadeur a appelé à sa pleine mise en œuvre.

Et d'ajouter : « le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions à cet égard, notamment la résolution 2773 de 2025, dont le Burundi appelle à la pleine mise en œuvre. La question est désormais celle de l’application effective des décisions déjà adoptées. Nous ne pouvons attendre une nouvelle flambée de violence pour adopter une nouvelle résolution alors que les engagements précédents restent insuffisamment appliqués ». 

Pour le Burundi, l’urgence demeure la protection des populations civiles, particulièrement exposées aux conséquences des affrontements et des déplacements. L’occasion pour le diplomate burundais d’insister également sur le renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique.

« Les populations civiles ne peuvent continuer à en payer le prix. Il est temps de passer de la réaction à la prévention, à la mise en œuvre et à la responsabilisation. C’est également le sens du sommet extraordinaire de l’Union africaine tenu à Luanda le 30 août, consacré au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique. Ces orientations doivent se traduire par une action précoce, une meilleure coordination régionale et un suivi rigoureux des engagements pris », a déclaré le diplomate burundais.

Par ailleurs, l’ambassadeur a attiré l’attention du Conseil de sécurité sur les conséquences de la crise congolaise pour les pays voisins, notamment le Burundi, qui accueille des réfugiés en provenance de la RDC. Selon lui, cette réalité doit être intégrée dans les réponses internationales à la crise.

« Les pays voisins supportent directement les conséquences de la crise. Le Burundi, en particulier, continue d’accueillir un nombre important de réfugiés congolais. Cette solidarité fait peser une lourde charge sur un pays aux ressources limitées et sur les communautés qui accueillent ces familles. Cette réalité doit être pleinement prise en compte dans l’action internationale en faveur de la paix et de la stabilité régionale », a-t-il plaidé dans son discours.

La situation dans le Sud-Kivu, notamment autour de Minembwe et d’Uvira, constitue également, selon le représentant burundais, un rappel de l’interconnexion entre la situation sécuritaire en RDC et les dynamiques régionales. Cette approche régionale, défendue par le Burundi, repose notamment sur un renforcement de la coopération entre les États de la région et les organisations africaines impliquées dans la prévention des conflits.

« La situation au Sud-Kivu, notamment autour de Minembwe et d’Uvira, rappelle que l’instabilité en RDC ne peut être dissociée de son environnement régional. La protection des civils, les déplacements forcés et les risques transfrontaliers exigent une coopération étroite entre la RDC, les pays voisins et les mécanismes régionaux », a affirmé le diplomate burundais adopté à l’unanimité le 21 février 2025, la résolution 2773 du Conseil de sécurité demande notamment au M23 de cesser immédiatement les hostilités et de se retirer des zones qu’il contrôle. 

Elle demande également le démantèlement des administrations parallèles établies par le mouvement rebelle. Le texte appelle par ailleurs le Rwanda à cesser son soutien au M23 et à retirer ses forces du territoire de la République démocratique du Congo. Le Conseil de sécurité demande également la facilitation de l’accès humanitaire ainsi que la création de conditions permettant le retour sûr et digne des personnes déplacées et des réfugiés.

Plus d’un an après l’adoption de cette résolution, plusieurs de ses dispositions restent à mettre en œuvre, alors que l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, continue de maintenir et de consolider des structures administratives parallèles dans les zones sous son contrôle.

À travers cette intervention au Conseil de sécurité, le Burundi entend ainsi replacer la question de la mise en œuvre effective des décisions internationales au centre du débat sur la paix et la stabilité dans l’Est de la RDC. 

Clément MUAMBA

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