Alors que le pays fait face à divers défis, notamment sécuritaires et d’ordre opérationnel, le gouvernement congolais maintient le cap sur juillet 2027 pour le lancement officiel du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2). Le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, l’a réaffirmé lundi 28 septembre, lors du briefing de presse avec comme thème : « RGPH2, 42 ans après : où en est-on avec la préparation du recensement et comment la population peut-elle y contribuer ? »
Ce briefing a notamment permis de faire le point sur le calendrier de préparation du recensement et sur les difficultés susceptibles d’affecter son déploiement, particulièrement dans les zones confrontées à l’insécurité.
« Nous sommes des planificateurs. Nous avons fait ce qu’il fallait pour pouvoir donner cette échéance. Il peut toujours y avoir des variations, mais ce qui est important pour nous, c’est de terminer ce travail le plus tôt possible, essentiellement en 2027 », a déclaré Guylain Nyembo.
Pour le gouvernement, l’objectif est également de parvenir à finaliser le processus dans les délais afin d’éviter que le calendrier du RGPH2 ne coïncide avec les échéances électorales de 2028.
« C’est aussi pour ne pas verser dans des confusions politiques, pour qu’on ne dise pas : “Ah oui, voilà, on prépare ceci, on prépare cela.” Non, nous voulons qu’en 2027, nous soyons capables de livrer les résultats, mais au moins déjà de terminer le travail. Il ne peut pas y avoir de grand écart, sauf s’il y a une question essentielle au niveau du pays, ce que nous ne voyons pas aujourd’hui», a affirmé M. Nyembo.
La situation sécuritaire, un défi pour le RGPH2
La situation sécuritaire dans certaines zones du pays demeure néanmoins l’un des principaux défis auxquels les autorités doivent faire face dans la préparation du RGPH2. Sur ce point, le gouvernement travaille avec des partenaires spécialisés, notamment le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), afin de garantir la qualité et la fiabilité du processus.
La technologie pour atteindre les populations
Face aux difficultés d’accès à certaines zones, le gouvernement entend également s’appuyer sur les outils technologiques disponibles.
«Aujourd’hui, la technologie permet aussi d’aller très près, de prendre l’information que nous recherchons. Quand on fait des estimations dans la plupart des pays, c’est parfois uniquement sur la base de la technologie qu’on règle la question », a expliqué le ministre du Plan.
Pour autant, les autorités affirment ne pas considérer les contraintes sécuritaires comme définitives, estimant que la situation pourrait encore évoluer d’ici juillet 2027.
Le ministre a par ailleurs affirmé que certaines opérations préparatoires avaient déjà été menées jusque dans les zones confrontées à l’insécurité.
Appel à soutenir le recensement
Au-delà des aspects techniques et sécuritaires, le ministre d’État appelle les Congolais à considérer le recensement comme un outil destiné à améliorer la connaissance du pays et à disposer de données fiables pour sa gestion.
Après plus de quatre décennies depuis le dernier recensement général de la population, réalisé en 1984, le RGPH2 constitue ainsi une opération majeure pour les autorités congolaises. Le gouvernement affirme vouloir poursuivre les préparatifs afin de tenir l’échéance de juillet 2027, tout en prévoyant des mécanismes d’adaptation face aux éventuelles contraintes sécuritaires ou opérationnelles.
« Combien de temps avons-nous attendu pour avoir de bonnes données ? », s’est interrogé Guylain Nyembo, avant de rappeler l’importance de disposer d’informations fiables sur l’ensemble de la population congolaise.
Ces assurances interviennent dans un contexte où le gouvernement de la République démocratique du Congo a officiellement lancé, à Kinshasa, les opérations de cartographie censitaire du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), première étape préparatoire au dénombrement général prévu en juillet 2027.
Pendant un mois, les agents cartographes vont sillonner les quartiers de la capitale afin de repérer et de géolocaliser les bâtiments, d’identifier les ménages et les infrastructures, ainsi que de délimiter les zones de dénombrement. Cette opération vise à établir une base de données géographiques permettant de préparer avec précision le recensement proprement dit.
Clément MUAMBA