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La RDC réitère sa demande de suspension de toute nouvelle participation des casques bleus rwandais aux opérations de paix jusqu’au retrait vérifié des RDF de son territoire

Photo d'illustration

Alors que le Rwanda figure parmi les principaux contributeurs de forces de police et de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, la République démocratique du Congo réitère sa demande au Conseil de sécurité de suspendre la participation, le déploiement et la rotation des contingents rwandais aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, jusqu’à ce que les troupes rwandaises se retirent du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée au lendemain de l’occupation des villes de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu) par la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda dans l’Est de la RDC.

L’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, l’a fait savoir mardi 29 septembre 2026, lors du briefing trimestriel du Conseil de sécurité consacré à la situation en République démocratique du Congo, sous la présidence de la France.

« La République démocratique du Congo réitère sa demande de suspension de toute nouvelle participation, de tout déploiement ou de toute rotation de contingents rwandais au sein des opérations de paix des Nations Unies, et ce, jusqu’au retrait vérifié de leurs forces du territoire congolais. Le Conseil ne peut tolérer, dans ses opérations de maintien de la paix, des membres qui agissent simultanément en pompiers et en pyromanes. Il en va de l’autorité même de ce Conseil et de la crédibilité de ses décisions », a déclaré l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay.

Pour le représentant de la RDC auprès de l’ONU, un pays dont les forces sont mises en cause dans un conflit ne peut pas, dans le même temps, prétendre contribuer aux opérations de maintien de la paix.

« La République démocratique du Congo demande la suspension de toute nouvelle participation, de tout nouveau déploiement et de toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix des Nations Unies jusqu’au retrait vérifié des forces rwandaises du territoire congolais. Un État dont les forces sont mises en cause dans le conflit ne peut, dans le même temps, prétendre contribuer à une opération chargée de préserver la paix et la confiance des populations. C’est une question de cohérence, de crédibilité et d’exigence éthique pour les opérations des Nations Unies. Notre demande porte sur une mesure précise et vérifiable », a affirmé le diplomate congolais.

Il a également rappelé que la résolution de l’ONU, adoptée à l’unanimité « exige la cessation du soutien au M23 et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais ». Sur ce point, il a évoqué la gestion administrative, territoriale et démographique des zones sous occupation de l’armée rwandaise et de l’AFC/M23.

« La résolution 2773 condamne fermement l’établissement d’administrations parallèles. La RDC appelle le Conseil à veiller à ce qu’aucune structure illégale ne se substitue aux institutions de la République. Nous sommes particulièrement préoccupés par les informations concordantes faisant état de déplacements et de transplantations de populations rwandaises dans des localités congolaises vidées de leurs habitants à la suite des massacres à répétition perpétrés par la RDF, l’armée rwandaise, et l’AFC/M23 », a dénoncé le diplomate congolais.

« La République démocratique du Congo appelle les mécanismes compétents des Nations Unies à examiner cette situation avec la plus grande rigueur et encourage le HCR à renforcer la coordination du rapatriement volontaire, sûr et digne des réfugiés dans le cadre de la coopération tripartite RDC-HCR-Rwanda », a-t-il plaidé.

Cette demande de la République démocratique du Congo intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, sur fond de reprise des combats dans l’Est de la RDC et d’implication continue du Rwanda aux côtés de l’AFC/M23, qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Ce statu quo s’explique notamment par l’absence, à ce stade, de résultats probants issus des initiatives diplomatiques engagées sous la médiation de Washington et de Doha. Sur le terrain, la situation demeure préoccupante, tandis que les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à la guerre, entre déplacements forcés, violences et aggravation de la crise humanitaire

Clément MUAMBA