Prendre la parole, influencer et surtout transformer les idées en actions concrètes. C’est autour de cette démarche qu’Agora d’ELLES a réuni, samedi 26 septembre à Kinshasa, plusieurs femmes à l’occasion de sa conférence inaugurale consacrée au leadership féminin. Placée sous le thème "De la parole à l’impact : oser, influencer, transformer", la rencontre a porté sur les obstacles qui limitent la prise de parole des femmes et les moyens de renforcer leur capacité d’action.
Pour Me Judicaelle Wali Nzinga, présidente d’Agora d’ELLES, la prise de parole ne constitue qu’une première étape. L’objectif est de permettre aux femmes de transformer leurs idées en initiatives capables de produire des changements dans leur environnement.
« Il ne suffit pas seulement de parler. Il faudrait aussi que cette parole apporte quelque chose, qu’elle transforme la société », a-t-elle expliqué.
Les échanges ont été structurés autour de trois axes : les obstacles à la prise de parole des femmes, la capacité à construire un message susceptible d’avoir un impact et le passage de l’influence à l’héritage.
La formation figure parmi les leviers mis en avant par Agora d’ELLES. Pour Me Judicaelle Wali Nzinga, le renforcement des compétences en leadership et en prise de parole peut aider les femmes à mieux défendre leurs idées et à les traduire en actions.
L’initiative s’adresse notamment aux étudiantes, entrepreneures, professionnelles, fonctionnaires et autres femmes actives dans différents secteurs.
De l’influence à l’héritage
La place des réseaux sociaux, notamment TikTok et Instagram, a également été évoquée lors de la conférence. Pour la présidente d’Agora d’ELLES, ces espaces peuvent constituer des outils d’influence, à condition que les femmes soient en mesure de transformer leur visibilité en actions concrètes.
« Nous n’allons pas influencer les femmes, mais nous allons aider les femmes à influencer le monde dans la concrétisation de leurs paroles par des actions concrètes dans leur environnement », a-t-elle déclaré.
Marraine de la conférence, Joëlle Bile Batali a, pour sa part, appelé les participantes à dépasser la recherche d’une influence personnelle pour inscrire leur action dans une perspective de transmission.
« Il ne suffit pas d’être influent pour soi. On doit transformer ce que les autres voient en nous comme étant un impact, le transformer justement en héritage qui permettra à la société demain de grandir », a-t-elle déclaré.
Elle a également insisté sur l’estime de soi, la construction collective et le travail dans l’unité, notamment dans une logique de transmission aux générations futures.
En marge de cette rencontre, Agora d’ELLES et le Conseil international des femmes (ICW-CIF) ont signé un partenariat de collaboration. Cette organisation est présentée comme la première organisation non gouvernementale internationale féministe mondiale.
À travers cette initiative, Agora d’ELLES entend inscrire ses activités dans une dynamique de formation, de transmission et de renforcement du leadership féminin.
La conférence a ainsi mis en avant plusieurs défis : l’accès à la formation, la confiance nécessaire pour prendre la parole, la capacité à faire entendre ses idées et, surtout, le passage du discours à l’action.
Pour les organisatrices, l’enjeu est désormais de créer davantage d’espaces permettant aux femmes de faire de leur parole un outil d’action et de transformation dans leurs communautés et leurs différents secteurs d’activité.
James Mutuba