Le membre du parti politique d’opposition Ensemble pour la République, et coordonateur de la jeunesse dans la région du Katanga, John Mbangu, a été transféré au centre pénitentiaire de la Kasapa, à Lubumbashi, après avoir passé près de 20 jours en détention dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), rapportent Justicia ASBL et l’Institut de recherche en droits humains (IRDH).
Dans un communiqué conjoint publié ce lundi 28 septembre à Lubumbashi, les deux organisations de défense des droits humains dénoncent ce qu’elles qualifient de « détention irrégulière » et s’inquiètent des conditions dans lesquelles l’opposant a été privé de liberté.
Selon Justicia ASBL et l’IRDH, John Mbangu serait poursuivi à la suite de l’organisation d’une manifestation politique au cours de laquelle il aurait appelé les militants de son parti à exprimer leur désapprobation face à tout éventuel changement de la Constitution.
Les deux organisations estiment que les faits reprochés à l’opposant relèvent de l’exercice des libertés d’opinion et d’expression garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo.
20 jours à l’ANR avant le transfèrement à Kasapa.
Justicia ASBL et l’IRDH mettent particulièrement en avant la durée de la détention de John Mbangu dans les locaux de l’ANR avant son transfèrement au centre pénitentiaire de la Kasapa.
Elles considèrent que cette détention, qu’elles qualifient d’irrégulière, soulève des préoccupations au regard des garanties constitutionnelles relatives aux droits fondamentaux et aux libertés publiques.
Pour ces organisations, le passage de John Mbangu de l’ANR à la prison de Kasapa constitue une nouvelle étape dans une procédure qu’elles jugent préoccupante, notamment en raison du contexte politique dans lequel intervient son arrestation et de sa participation à une activité politique.
Justicia et IRDH dénoncent une atteinte aux libertés
Dans leur communiqué, les deux structures de défense des droits humains parlent d’un emprisonnement qu’elles estiment « politiquement motivé ».
Elles considèrent que les poursuites engagées contre John Mbangu ne devraient pas porter atteinte aux libertés d’opinion et d’expression, particulièrement lorsqu’il s’agit d’exprimer une position politique sur une éventuelle modification de la Constitution.
Justicia ASBL et l’IRDH appellent ainsi les autorités à veiller au respect des droits garantis à tout citoyen, indépendamment de son appartenance politique.
Appel au respect de l’État de droit
Les deux organisations interpellent également le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur sa responsabilité dans la consolidation de l’État de droit en République démocratique du Congo.
Elles estiment que le Chef de l’État doit garantir l’État de droit à tous et « affermir les conditions d'un État de droit au bénéfice de tous les citoyens congolais ».
Justicia ASBL et l’IRDH déplorent, dans leur communiqué, ce qu’elles présentent comme une « primauté de l’arbitraire », au détriment d’un nombre croissant de personnes victimes, selon elles, de violations de leurs droits fondamentaux.
Le cas de John Mbangu intervient dans un contexte politique marqué par des débats autour de l’avenir de la Constitution et par des prises de position divergentes au sein de la classe politique congolaise.
De ce communiqué conjoint, Justicia ASBL et l’IRDH demandent ainsi que les droits politiques et les libertés publiques soient pleinement respectés et que toute procédure judiciaire engagée contre un acteur politique se déroule dans le strict respect des garanties prévues par la Constitution et les lois de la République.
José Mukendi