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Washington et Doha : quelle place pour la protection des enfants dans les négociations sur la RDC ?

Signature de la déclaration de principe par les MAE congolais et rwandais à Washington

Alors que la RDC a enregistré en 2025 le deuxième plus grand nombre de violations graves contre les enfants vérifiées par l’ONU, leur protection apparaît de manière inégale dans les processus de paix de Washington et de Doha.

Selon un rapport des Nations unies, 4 114 violations graves contre les enfants ont été confirmées en RDC en 2025. Seuls Israël et le Territoire palestinien occupé en ont enregistré davantage, avec 12 445 violations.

Le processus de Washington organise principalement les engagements sécuritaires entre la RDC et le Rwanda, notamment la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le désengagement des forces et la levée des mesures défensives rwandaises.

La protection des enfants y est principalement abordée à travers les obligations générales de protection des civils et de respect du droit international humanitaire.

Elle apparaît aussi dans le volet économique du processus. Le Cadre d’intégration économique régionale conclu entre Kinshasa et Kigali prévoit de lutter contre les violations associées à l’exploitation minière artisanale, dont le travail des enfants, le travail forcé et les violences contre les femmes et les filles.

Le processus de Doha, qui concerne les négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, comporte des dispositions plus explicites.

Dans le cadre du protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, les parties reconnaissent que la protection des civils doit rester primordiale pendant les hostilités. Le texte mentionne notamment la prévention des violences, de l’exploitation et des abus visant les femmes et les enfants.

Ces engagements ne constituent toutefois pas, dans les textes publics examinés, un dispositif spécifique consacré aux six violations graves définies par l’ONU : recrutement et utilisation d’enfants, meurtres et mutilations, violences sexuelles, enlèvements, attaques contre les écoles et les hôpitaux et refus d’accès humanitaire.

Le rapport de la représentante spéciale du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés demande précisément que la protection des enfants soit intégrée aux processus de médiation et de paix.

Il appelle également à soutenir durablement la libération et la réintégration des enfants associés aux forces ou groupes armés et à traduire en justice les responsables des violations.

Le gouvernement congolais poursuit depuis 2012 l’application d’un plan d’action conclu avec l’ONU. Mais le niveau des violations constatées en 2025 pose la question de la traduction concrète de ces engagements dans les mécanismes de Washington et de Doha.