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Pénurie du courant électrique à Kinshasa : dans la commune de la Gombe, la chorale des générateurs

Photo ACTUALITÉ. CD

Les plaintes fusent de presque toutes les 24 communes de la ville de Kinshasa. Depuis plusieurs mois, la capitale congolaise est confrontée à une instabilité inquiétante de l’approvisionnement en électricité, caractérisée par des coupures prolongées qui mettent à rude épreuve les ménages et accentuent, dans certains quartiers, le sentiment d’insécurité.

Le problème est d’autant plus préoccupant qu’il n’épargne pas la commune de la Gombe, cœur administratif et économique de Kinshasa, où sont concentrées plusieurs institutions publiques, entreprises et représentations diplomatiques.

Sur les avenues du Plateau, des Marais, Luambo Makiadi, du Bas-Congo et celles qui débouchent vers la gare centrale, notamment dans le quartier du Golf, les vrombissements des groupes électrogènes se mêlent au tumulte habituel du centre-ville.

Devant les quincailleries, bureaux, magasins, shops et autres établissements, les générateurs tournent à plein régime pour pallier l’absence du courant électrique.

Technicien dans un immeuble situé sur l’avenue Luambo Makiadi, M. Mbuta dit subir cette situation depuis trois semaines. Il déplore une situation qu’il juge particulièrement pénalisante, jusqu’à la comparer à celle de certains quartiers périphériques de la capitale.

« Ça fait trois semaines qu’on n’a pas de courant ici dans la Gombe. C’est d’ailleurs mieux dans la cité qu’ici. C’est comme si on n’était pas dans notre pays. On achète chaque jour du carburant et, à la fin du mois, les factures arrivent. C’est inacceptable. Que l’État nous trouve une solution », témoigne-t-il.

Quelques mètres plus loin, sur l’avenue Colonel Ebeya, un groupe électrogène ronronne devant un magasin. Un agent de sécurité rencontré sur place explique que l’activité quotidienne de l’établissement repose désormais en grande partie sur ce dispositif de secours.

D’après lui, cette partie de la Gombe peut rester plongée dans le noir pendant trois jours consécutifs.

Kasa-Vubu, Lemba, Matete, Mont-Ngafula… dans le noir

La situation ne se limite pas au centre-ville. À Kasa-Vubu, notamment derrière le Centre culturel et artistique d’Afrique centrale, Dejevys Tshibanda, assistant à l’Université de Kinshasa, dit avoir atteint le point de rupture. Dans un message adressé aux journalistes, il appelle à mettre en lumière les difficultés auxquelles son quartier est confronté.

« On ne peut pas travailler à la maison, impossible vraiment », écrivait-il à ACTUALITÉ.CD le 12 septembre dernier.

Ce vendredi, il affirme que la situation n’a pas évolué.

« L’électricité se coupe à 6h ou 7h maximum et se rétablit rarement à 22h. Mais généralement, c’est à 23h ou minuit. Et c’est chaque jour. C’est devenu habituel », déplore-t-il.

À Lemba, particulièrement dans le quartier Salongo, le constat est similaire. Le long de l’avenue Biangala, plusieurs établissements commerciaux fonctionnent au moyen de groupes électrogènes, tandis que certaines portions de la chaussée restent plongées dans l’obscurité.

Dans la commune voisine de Matete, le reporter d’ACTUALITÉ.CD a fait le même constat. Plus surprenant encore, la maison communale elle-même est privée d’électricité. Un agent rencontré sur place confirme que la situation perdure depuis plusieurs semaines.

À Kinshasa, en attendant un éventuel retour à la normale, les groupes électrogènes continuent ainsi de prendre le relais. De Gombe à Lemba, en passant par Kasa-Vubu et Matete, leur vrombissement est devenu, pour de nombreux habitants, le bruit de fond d’un quotidien désormais rythmé par les coupures de courant.

Samyr LUKOMBO