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En RDC, élan unanime de compassion et de solidarité de la classe socio-politique après la mort d’au moins 24 élèves dans l’incendie de deux écoles à Bukavu

Incendie ayant causé la mort d'une mère et ses trois enfants à Bukavu

L’incendie qui a ravagé, jeudi 10 septembre 2026, plusieurs habitations ainsi que les écoles Furaha et Ujamaa, dans le quartier Cimpunda (commune de Kadutu) à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, une zone du pays contrôlé a suscité une vive émotion au sein de la classe socio-politique congolaise alors que la province fait déjà face aux affres de la guerre et des conséquences humanitaires préoccupantes.

Plusieurs personnalités du pays, notamment celles ressortissantes du Sud-Kivu, engagées dans la vie sociopolitique nationale ont exprimé leur compassion aux familles endeuillées et réclamé une réponse urgente face à ce nouveau drame qui frappe une population déjà durement éprouvée. 

Vital Kamerhe : « Bukavu, aujourd’hui, c’est un morceau de mon cœur qui s’est brisé avec vous »

Le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), député national élu de Bukavu et membre de l’Union sacrée de la Nation, Vital Kamerhe, a fait part de sa profonde émotion après le drame. Évoquant les écoles Furaha et Ujamaa, Kamerhe a rendu hommage aux enfants disparus et exprimé sa solidarité avec leurs familles.

"Bukavu, aujourd'hui, c'est un morceau de mon cœur qui s'est brisé avec vous. C’est avec une grande consternation que j'ai appris le terrible incendie survenu à Cimpunda, dans la commune de Kadutu/Bukavu, qui a ravagé des écoles ainsi que de nombreuses habitations. Ce drame d’une particulière gravité a coûté la vie à plusieurs élèves. Des enfants sont partis à l'école avec leurs cahiers et leurs rêves, et ne reviendront plus s'asseoir à la table familiale. Je pense à leurs mères, à leurs pères, à leurs frères et sœurs, à Cimpunda et dans tout Kadutu, dont le silence, ce soir, est plus lourd que tous les mots", a écrit Vital Kamerhe.

Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, cette nouvelle tragédie rappelle l’urgence de mettre fin à la situation de guerre dans l’Est du pays. 

"Notre Sud-Kivu, notre Est tout entier, ploie déjà sous le poids d'une guerre qu'il n'a pas choisie, d'une occupation qui l'épuise depuis trop longtemps. Et voilà qu'un nouveau malheur s'abat sur nos enfants, comme si le ciel lui-même refusait un instant de répit à Bukavu. C'est justement pour cela que la paix n'est plus une option, elle est une nécessité vitale, urgente, pour que nos populations puissent enfin panser leurs plaies, reconstruire, espérer", a affirmé M. Kamerhe.

Moïse Katumbi : « C'est un drame absolu »

L’opposant Moïse Katumbi Chapwe, président de Ensemble pour la République et membre de la coalition C64, s’est lui aussi dit profondément bouleversé par ce drame. Il a adressé ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, tout en appelant à une réaction rapide des autorités.

"Je suis bouleversé par l’incendie meurtrier, qui a frappé les écoles Furaha et Ujamaa, à Bukavu, emportant la vie de nombreux écoliers. C'est un drame absolu. Des enfants ne devraient jamais perdre la vie sur les bancs de l’école. Ce nouveau drame dans une région déjà profondément meurtrie exige une prise en charge immédiate des victimes et des mesures urgentes pour prévenir de telles tragédies. Tout le Congo pleure avec Bukavu", a-t-il réagi. 

Bahati Lukwebo pointe les difficultés de voies d’accès pour l’équipe de secours 

Le sénateur élu du Sud-Kivu et président de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), Bahati Lukwebo, a également exprimé sa compassion aux victimes. L’ancien président du Sénat a par ailleurs rappelé les difficultés rencontrées par les services d’intervention, notamment en raison de la configuration urbaine de Bukavu.

"Encore des incendies à Bukavu, plus précisément à Cimpunda, commune de Kadutu, dans deux écoles Ujamaa et Furaha. On y compte déjà plus de 15 élèves morts. Nos efforts en dotant les 3 communes des véhicules anti-incendie sont insignifiants suite au manque des voies d'accès. Urgence d'urbanisation", a-t-il interpellé.

Denise Nyakeru Tshisekedi : « En tant que mère, je pense avec émotion à ces enfants »

La Première dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, originaire du Sud-Kivu, a également réagi à la tragédie. 

"C’est avec une immense peine que j’ai appris le drame survenu aujourd’hui à Bukavu, où un violent incendie a coûté la vie à plusieurs élèves et fait de nombreux blessés. En tant que mère, je pense avec émotion à ces enfants partis à l’école ce matin et qui ne rentreront pas auprès de leurs familles. Je pense à leurs parents, dont la vie vient de basculer, et à cette absence qu’aucun mot ne pourra combler", a-t-elle dit, pointant "l'occupation de l'ennemi".

Denis Mukwege interpelle sur la gouvernance

Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, originaire du Sud-Kivu, s’est dit profondément bouleversé par l’incendie qui a touché plusieurs habitations et les lieux d’apprentissage des enfants à Cimpunda.

"Je suis profondément bouleversé par le drame de l’incendie qui vient de ravager plusieurs maisons d’habitation et une école primaire à Cimpunda, dans ma ville natale de Bukavu. Le bilan provisoire est lourd et interpelle la gouvernance à tous les niveaux", a-t-il lancé.

Selon Denis Mukwege, le bilan provisoire ferait état de plus de 26 écoliers décédés et de plusieurs dizaines de blessés graves. Il évoque également des centaines d’habitations détruites par les flammes. Tout en appelant à ne pas banaliser ce drame, le gynécologue et défenseur des droits humains a insisté sur la vulnérabilité des populations du Sud-Kivu.

"Une tragédie d’une telle ampleur, qui vient de briser les rêves de plusieurs enfants et leur espérance en l’avenir, ne peut être reléguée au rang d’un fait divers de plus auquel nous devons nous habituer", a souligné Dénis Mukwege.

Théo Ngwabidje : « C’est toute notre communauté qui se retrouve meurtrie »

L’ancien gouverneur du Sud-Kivu et député national élu de la province, Théo Ngwabidje Kasi, a a exprimé ses condoléances aux familles et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

"Profondément consterné par la tragédie de Funu, où une vingtaine de jeunes élèves ont perdu la vie lors d'un incendie, dans une ville de Bukavu déjà sinistrée. Voir s’éteindre de si jeunes existences brise nos cœurs. Du fond du cœur, je partage l’immense douleur des parents de Bukavu, des familles et de ces enfants écoliers, spectateurs impuissants de ce drame si cruel".

Aimé Boji : « Bukavu restera debout »

Depuis Bruxelles, où il se trouve en mission de service, le président de l’Assemblée nationale et élu de Walungu, Aimé Boji Sangara, a lui aussi exprimé sa solidarité avec les habitants de Bukavu. 

"C’est avec une profonde douleur que j’ai appris le tragique incendie survenu ce 10 septembre à Bukavu, venant une fois de plus endeuiller des familles et arracher à la vie plusieurs de nos enfants, tous élèves des écoles Furaha et Ujamaa dans le quartier Cimpunda à Kadutu. Depuis quelque temps, notre chère ville de Bukavu est confrontée à une succession d’incendies qui viennent alourdir davantage les souffrances d’une population déjà durement éprouvée par les atrocités, les traumatismes et les conséquences de la guerre d’occupation que subit notre province du Sud-Kivu", a déploré Aimé Boji Sangara.

Il a enfin appelé la population à garder espoir et à faire preuve de solidarité.

"En ma qualité de Président de l’Assemblée nationale et élu du Sud-Kivu, je veux dire à mes frères et sœurs de Bukavu et à toute la population du Sud-Kivu que je suis de tout cœur avec vous. Je partage votre douleur, votre peine et votre désarroi. J’adresse mes condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et ma profonde compassion à toutes les personnes affectées par ces drames. Dans cette période si douloureuse, ne perdons pas espoir. Bukavu a souffert, Bukavu souffre encore, mais Bukavu restera debout. Ensemble, dans la solidarité et la fraternité, nous surmonterons ces épreuves".

C’est le drame le plus meurtrier touchant le secteur éducatif depuis l'enchaînement des incendies il y a peu en RDC. Au moins 20 élèves ont péri ce jeudi 10 septembre dans un incendie qui a ravagé deux écoles dans la commune de Kadutu, à Bukavu (Sud-Kivu). Une vingtaine d'autres sont blessés et pris en charge dans les hôpitaux de la ville. 

Ces chiffres encore provisoires sont confirmés à ACTUALITE.CD par des sources médicales et les autorités de la rébellion de l’AFC/M23. Dans l’avant-midi, les écoles primaires Ujamaa et Furaha, se trouvant dans le quartier Cimpunda ont été gravement touchées par le feu parti, selon des sources locales, d’une habitation voisine. 

Plusieurs élèves surpris par les flammes ont été asphyxiés, poussant certains à perdre connaissance. De nombreux élèves sont décédés sur le champ, alors que plusieurs victimes ont été dépêchées à l'hôpital général provincial de Bukavu, comme l’ont témoigné des multiples navettes des ambulances dans la ville la journée. Ce soir, des sources affirment que la vingtaine d’écoliers pris en charge présentent un état “relativement bon”.

Clément MUAMBA