Invité samedi du Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le Secrétaire général d'Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge, a détaillé les raisons ayant motivé les sanctions prises par le parti à l'encontre de son porte-parole Hervé Diakiese et d'un autre cadre exclu définitivement.
Interrogé sur ce qui avait choqué dans les propos de Diakiese, Bolengetenge a d'abord pointé le fait d'avoir porté sur la place publique des questions qui relevaient, selon lui, des instances internes du parti.
Tout en reconnaissant à Diakiese, avocat et homme de communication, son droit à la liberté d'expression, il a estimé qu'en sa qualité de porte-parole, celui-ci devait faire preuve de retenue, ses propos risquant d'être interprétés comme la position officielle du parti. Il lui a reproché de s'être déclaré « belligérant » alors qu'il est censé porter la parole de l'ensemble des membres.
Le Secrétaire général a invité Diakiese à s'inspirer de la retenue du président Moïse Katumbi, citant les nombreuses attaques et accusations dont celui-ci fait l'objet sans jamais y répondre publiquement. Il a également livré son expérience personnelle, affirmant avoir lui-même été insulté par des cadres du parti sans réagir publiquement, préférant attendre les conclusions des instances compétentes, en l'occurrence les comités des sages.
Concernant la nature de la sanction visant Diakiese, Bolengetenge a précisé qu'il s'agissait d'une mesure conservatoire, et non d'une sanction définitive, justifiée par l'incompatibilité entre le fait d'être mis en cause et celui de continuer à porter la parole du parti. Il a indiqué que Diakiese conserve le droit de s'expliquer devant les comités des sages, dont les conclusions pourraient permettre un retour à la normale.
S'agissant en revanche de l'exclusion définitive prononcée contre une cadre du parti, Bolengetenge a assumé l'absence de procédure contradictoire préalable, invoquant la gravité des insultes proférées à l'encontre d'Olivier Kamitatu et de Diakiese. Il a estimé que le niveau des faits, reconnus selon lui par l'intéressée elle-même, justifiait une mesure urgente plutôt qu'une procédure longue.
Face à l'exigence d'une démarche contradictoire soulevée par l'animateur, le Secrétaire général a répondu que les statuts et règlements du parti n'ont pas vocation à se suffire à eux-mêmes mais à régler des problèmes concrets, comparant certains cas à des procédures judiciaires où la gravité des faits justifie une détention préventive avant jugement. Il a néanmoins rappelé que les voies de recours demeurent ouvertes pour la personne exclue.