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Désarmement, démobilisation et cantonnement des FDLR : « Il s'agit de la mise en œuvre d'un engagement de la RDC dans l'accord de Washington» (Floribert Anzuluni)

Floribert Anzuluni expliquant la signature du protocole par les FDLR

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé le lancement prochain du processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Cette annonce a été faite lors d'un briefing de presse coanimé par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, et le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni.

Répondant aux préoccupations des journalistes, Floribert Anzuluni a tenu à dissiper toute confusion autour de cette initiative. Selon lui, le processus en cours ne constitue en aucun cas un nouveau dialogue avec les FDLR.

« Est-ce un nouveau dialogue ? Bien sûr que non, pas du tout. Comme nous l'avons dit et comme mon collègue l'a indiqué d'entrée de jeu, nous sommes simplement en train de mettre en œuvre les engagements pris par la RDC dans le cadre d'un accord signé à Washington, auquel est annexé un concept opérationnel. Il ne s'agit donc pas d'un nouvel accord. Il s'agit simplement de la mise en œuvre des engagements de la RDC, dont le plus important est la neutralisation de ce mouvement. Il ne s'agit pas du tout d'un nouveau dialogue ni d'un nouveau processus. Il faut être rassuré sur ce point », a déclaré mardi 28 juillet 2026 le ministre de l'intégration régionale
Interrogé sur les attaques attribuées aux FDLR contre le Rwanda depuis la fin du génocide de 1994, Floribert Anzuluni a remis en question l'argument souvent avancé pour justifier la présence militaire rwandaise dans l'est de la RDC.

« Concernant les attaques commises depuis le génocide, j'ai personnellement effectué des recherches. Je peux vous dire qu'il y a eu, sinon aucune attaque, du moins très peu d'attaques sur le sol rwandais. Finalement, ce sont peut-être davantage les Congolais qui subissent les conséquences de ces différents groupes armés présents en RDC. C'est ce qui est assez particulier » a-t-il affirmé. 

Le ministre a réitéré la position de Kinshasa, selon laquelle la menace des FDLR est régulièrement instrumentalisée.

« C'est pour cette raison que nous continuons à dire et à insister sur le fait qu'il s'agit d'une manipulation, d'une stratégie de manipulation. Mais, comme l'a dit mon collègue, nous irons jusqu'au bout et nous démontrerons, de manière méthodique, qu'il s'agit d'une manipulation. Cela doit nous permettre, une bonne fois pour toutes, de mettre fin à ces décennies de guerres, de conflits et d'agressions qui nous sont imposées » a indiqué Floribert Anzuluni. 

Cette démarche intervient dans un contexte où la neutralisation des FDLR par le gouvernement de la République démocratique du Congo et la levée des mesures défensives, c'est-à-dire le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, deux engagements clés de l'accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali, n'ont enregistré aucune avancée un an après la signature de cet accord au niveau ministériel. Washington, par l'entremise de Massad Boulos, « Monsieur Afrique » de l'administration Trump, qui l'avait reconnu devant le Conseil de sécurité des Nations unies, a exigé des deux parties le respect des engagements issus de cet accord afin de favoriser le retour de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Malgré la signature de cet accord, les choses ne semblent pas évoluer dans la bonne direction au regard de la poursuite des hostilités sur le terrain, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et des interprétations divergentes des dispositions de l'accord, rendant sa mise en œuvre encore plus complexe. Pendant ce temps, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à cette guerre, tandis que la situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante, dans un contexte marqué par la réduction des financements internationaux destinés à l'aide humanitaire, ainsi que par le statu quo entourant la mise en œuvre de l'accord de Washington et du processus de Doha. 

Clément MUAMBA


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