La Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'Union africaine (UA) et le gouvernement du Botswana ont co-organisé, du 24 au 26 juillet à Gaborone, une réunion d'harmonisation de haut niveau réunissant le Panel des facilitateurs de l'UA et le Secrétariat conjoint indépendant (SCI), avec pour objectif d'accélérer la mise en œuvre des accords de paix et de renforcer la coordination des efforts régionaux.
Présidant les travaux, renseigne le communiqué de la SADC consulté par ACTUALITE.CD mardi 28 juillet, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, également président du Groupe des facilitateurs de l'Union africaine, a insisté sur la nécessité d'une coopération renforcée entre les organisations régionales.
« Nous devons renforcer la coopération entre l'Union africaine, la SADC, la Communauté d'Afrique de l'Est et les autres entités régionales afin de formuler des recommandations concrètes qui accélèrent la mise en œuvre des accords de paix en vigueur », a déclaré Olusegun Obasanjo, réaffirmant son attachement au principe des « solutions africaines aux problèmes africains »
Le ministre botswanais des Relations internationales, Dr Phenyo Butale, a rappelé que la stabilité de la RDC constitue un enjeu majeur pour toute la région.
« Garantir la paix en République démocratique du Congo est essentiel à l'intégration régionale, au commerce transfrontalier, au développement économique et à la réalisation des objectifs de l'Agenda 2063 de l'Union africaine », a-t-il souligné.
Représentant le Secrétaire exécutif de la SADC, le directeur de l'Organe pour les affaires politiques, de défense et de sécurité, Professeur Kula Ishmael Theletsane, a reconnu les progrès réalisés tout en alertant sur la persistance des défis sécuritaires.
« Malgré les avancées enregistrées dans la mise en place d'un cadre de paix piloté par l'Afrique, les violations persistantes des cessez-le-feu, la détérioration de la situation humanitaire et l'apparition de nouveaux défis de santé publique exigent un engagement renouvelé et une coordination institutionnelle renforcée », a-t-il affirmé.
Selon le même communiqué final, Il a également invité les parties prenantes à tirer les enseignements des initiatives passées afin de renforcer l'efficacité des mécanismes de médiation de l'Union africaine.
À l'issue des échanges, poursuit la source citée, les participants ont réaffirmé leur engagement à consolider le cadre de médiation dirigé par l'Union africaine, en renforçant la collaboration entre la SADC, l'UA, la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et les autres partenaires. Ils ont insisté sur l'importance d'un dialogue politique permanent, d'une mise en œuvre coordonnée des initiatives existantes et d'une implication continue de toutes les parties concernées pour instaurer une paix durable dans l'est de la RDC et dans l'ensemble de la région des Grands Lacs.
Les discussions ont notamment porté sur l'harmonisation des initiatives de médiation, le renforcement du Secrétariat conjoint indépendant, la révision des priorités stratégiques et l'élaboration d'une feuille de route opérationnelle couvrant les six prochains mois.
La rencontre a réuni les principaux acteurs de l'architecture africaine de médiation, parmi lesquels le médiateur de l'Union africaine pour la crise dans l'est de la RDC, le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, représenté par son ministre délégué Yackoley Kokou-Johnson, ainsi que plusieurs personnalités africaines de premier plan. Étaient également présents les anciens chefs d'État Mokgweetsi Eric Keabetswe Masisi (Botswana), Sahle-Work Zewde (Éthiopie), Catherine Samba-Panza (République centrafricaine) et Domitien Ndayizeye (Burundi), membres des différentes instances africaines de médiation.
En clôturant ces assises, les participants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre une coopération étroite entre la SADC, l'Union africaine, la CAE, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et l'ensemble des partenaires engagés, avec l'ambition de construire une région des Grands Lacs pacifique, stable et prospère.
Cette nouvelle réunion intervient quelques semaines après la tenue, à Lomé, d'une session technique consacrée à l'évaluation semestrielle du processus de paix et de la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo. Organisée les 7 et 8 juin 2026 à l'initiative de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l'Union africaine (UA) pour le conflit dans l'est de la RDC, cette rencontre avait réuni les principaux acteurs engagés dans les efforts de médiation.
La réunion de Gaborone s'inscrit ainsi dans la continuité de cette dynamique diplomatique. Elle rassemble les différentes parties et organisations régionales impliquées dans la recherche d'une solution durable à la crise, dans un contexte où, malgré la multiplication des initiatives de paix, les combats entre la rébellion de l'AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) se poursuivent. La situation sécuritaire demeure préoccupante, les affrontements continuent de faire des victimes et d'entraîner le déplacement de milliers de civils, tant à l'intérieur du pays que vers les États voisins.
Clément MUAMBA