Au-delà de l'arrêt des nouveaux projets pétroliers et miniers, Greenpeace Afrique estime que l'avenir du Couloir vert Kivu-Kinshasa dépendra de la qualité de sa gouvernance et des choix d'investissement qui accompagneront sa mise en œuvre.
L'organisation recommande au gouvernement congolais d'adopter une liste officielle d'exclusion des investissements afin d'empêcher que les financements publics ou privés destinés au Couloir vert servent, directement ou indirectement, au développement de projets extractifs.
“Greenpeace Afrique recommande ce qui suit : annuler l'octroi des blocs pétroliers qui chevauchent les couloirs et exclure toute activité extractive des tourbières, des forêts à haute intégrité écologique, des aires protégées ou des zones clés pour la biodiversité et terres communautaires. L'autre recommandation, c'est adopter et publier une liste d'exclusion des investissements afin d'empêcher que les financements publics ou privés destinés aux couloirs soutiennent directement ou indirectement les activités extractives”, a expliqué Bonaventure Bondo, Chargé de campagnes Forêt de Greenpeace Afrique en RDC.
Greenpeace appelle également à mettre en place une gouvernance ouverte et transparente associant pleinement les peuples autochtones, les communautés locales et les organisations de la société civile à toutes les étapes de la planification, de la gestion et du suivi du projet.
Pour l'ONG, la reconnaissance des droits fonciers des communautés constitue un préalable essentiel. Elle demande notamment l'application effective du principe de consentement libre, préalable et éclairé avant toute décision susceptible d'affecter leurs terres ou leurs ressources naturelles.
« La réussite du Couloir vert passera par une participation effective des communautés concernées et par des mécanismes transparents de partage des bénéfices, assortis de garanties juridiques et d'un véritable contrôle citoyen », poursuit Bonaventure Bondo.
L'organisation recommande enfin que l'ensemble des investissements réalisés dans le cadre du Couloir vert soit aligné sur les engagements internationaux de la RDC en matière de biodiversité, de climat et de droits humains, notamment le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal ainsi que les résolutions de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) relatives à la protection des écosystèmes sensibles.
Pour Greenpeace Afrique, le Couloir vert représente une occasion unique de faire de la RDC un modèle de développement conciliant protection de la nature, respect des droits des communautés et lutte contre les changements climatiques. À condition, souligne l'organisation, que les choix politiques et financiers soient pleinement cohérents avec cette ambition.