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Résolution 2773: « Un test de crédibilité du Conseil de sécurité » selon Kinshasa qui rappelle qu'« une résolution qui demeure sans effet affaiblit non seulement la paix, mais également l'autorité du Conseil »

Conseil de sécurité de l'ONU

Sous la présidence de la République démocratique du Congo, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu, jeudi 23 juillet 2026, un débat public consacré au renforcement des mécanismes de règlement pacifique des différends, conformément à la résolution 2788 du Conseil de sécurité, portant sur le renforcement des mécanismes de règlement pacifique des différends, le recours à la diplomatie préventive et la promotion du dialogue international.

Au nom du gouvernement de la République démocratique du Congo, la ministre d'État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a plaidé pour une diplomatie préventive activée plus tôt, de manière cohérente et systématique. Selon la cheffe de la diplomatie congolaise, l'efficacité du Conseil de sécurité ne dépend pas seulement du nombre de résolutions adoptées, mais surtout de leur mise en œuvre et du suivi des engagements.

Mme Kayikwamba a souligné que le défi auquel le monde est confronté n'est donc pas l'absence de mécanismes, mais plutôt la capacité collective à les mobiliser, à les faire fonctionner et à garantir leur application. Pour illustrer son propos, elle a évoqué la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies qui, selon elle, peine toujours à être mise en œuvre plus d'une année après.

« Pour la République démocratique du Congo, cette réflexion est profondément concrète. La résolution 2773 a fixé des exigences claires : cessation des hostilités, retrait des forces étrangères, fin du soutien aux groupes armés et respect de la souveraineté ainsi que de l'intégrité territoriale de mon pays. Sa mise en œuvre dépasse cependant le seul cas de la République démocratique du Congo. Elle constitue un test de la crédibilité du Conseil de sécurité, car une résolution qui demeure sans effet affaiblit non seulement la paix qu'elle entend protéger, mais également l'autorité même du Conseil », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

La diplomate congolaise a insisté sur la nécessité de respecter et d'utiliser pleinement les instruments que la Charte des Nations unies met à la disposition des États membres. 

« C'est précisément là que la résolution 2788 prend tout son sens. Elle nous rappelle que la prévention ne dépend pas seulement de nouveaux engagements politiques ; elle dépend surtout de notre capacité à utiliser pleinement les instruments que la Charte met déjà à notre disposition. Mais le dialogue ne saurait devenir un substitut à l'exécution des obligations existantes. La médiation ne peut remplacer le respect du droit international ; les deux sont complémentaires. La paix durable exige le dialogue, mais aussi la mise en œuvre sincère des décisions librement adoptées », a-t-elle souligné.

Dans l'Est de la République démocratique du Congo, a-t-elle fait savoir, l'exploitation illicite des ressources naturelles illustre parfaitement cette réalité. Selon Thérèse Kayikwamba Wagner, elle n'est pas seulement une conséquence du conflit ; elle en constitue également l'un des principaux moteurs. Elle finance les groupes armés, affaiblit l'autorité de l'État, entretient des économies criminelles et compromet durablement les efforts de paix.

« Prévenir les conflits suppose donc également d'agir sur les facteurs qui les alimentent. C'est pourquoi la prévention doit associer sécurité, diplomatie, gouvernance, justice, développement et lutte contre l'impunité », a-t-elle martelé. 

Cette résolution, adoptée en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies, condamne fermement l’offensive et la progression du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Elle appelle les Forces de défense rwandaises (FDR) à cesser leur soutien au M23 et à se retirer immédiatement et sans conditions préalables du territoire congolais. La résolution réitère également un appel urgent à toutes les parties afin qu’elles concluent un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel.

Portée par la France et adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies, au lendemain de la prise de Goma et de Bukavu par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, cette résolution rappelle que la MONUSCO doit pouvoir mettre pleinement en œuvre son mandat au profit des populations civiles, sans entrave à ses activités ni à sa liberté de mouvement. Elle souligne également le rôle clé des processus de Luanda et de Nairobi dans la recherche d’une solution politique durable, fondée notamment sur le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et le démantèlement des FDLR.

Avec plusieurs millions de personnes déplacées, des milliers de morts et de graves exactions documentées par les Nations unies, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à l’escalade de ce conflit qui perdure depuis plusieurs années. De son côté, l’AFC/M23 poursuit sa progression dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le mouvement consolide ses positions et renforce son administration parallèle, sans tenir compte des dispositions de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, principal organe des Nations unies chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

La dynamique créée par l’adoption de la résolution 2773 s’est toutefois progressivement estompée avec l’ouverture du processus diplomatique de Washington, conduit sous l’égide des États-Unis, et celui de Doha, mené par l’État du Qatar. Si les dispositions de cette résolution ont été reprises dans l’accord de paix de Washington, plusieurs observateurs estiment qu’il manque toujours un mécanisme contraignant susceptible d’en garantir la mise en œuvre effective

Clément MUAMBA