Le Corps de l’Élite Scientifique de l’UDPS (CES-UDPS) a tenu, le 22 et le 23 juin 2026 à Kinshasa, sa troisième grande conférence internationale autour du thème : « Partenariat stratégique USA-RDC : enjeux, opportunités et appropriation effective ». Ces assises de deux jours ont réuni universitaires, chercheurs, experts et décideurs politiques autour des perspectives offertes par le rapprochement stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis.
Pour cette troisième édition, vingt-cinq intervenants, répartis en six panels, ont examiné les différents axes de coopération : économie et mines, sécurité et défense, santé et environnement, science et éducation, agriculture, financement et gouvernance.
Première journée axée sur les bases d’un partenariat stratégique
Durant la première journée, les participants ont également échangé sur les enjeux liés à la science, à l’éducation, à la gouvernance, à la sécurité ainsi qu’à la défense nationale.
Parmi les intervenants figuraient notamment la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo, le recteur de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), le professeur Jean-Marie Kayembe Tumba, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, la directrice générale de la RTNC, Sylvie Elenge, ainsi que plusieurs experts et universitaires congolais.
Lancée officiellement par Augustin Kabuya, secrétaire général et président a.i. de l’UDPS, cette troisième grande conférence du CES-UDPS avait pour objectif de formuler des recommandations concrètes susceptibles d’orienter les politiques publiques et les stratégies économiques dans le cadre du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis.
À l’ouverture des travaux, le professeur Raphaël Matamba, président du comité d’organisation, a présenté ce partenariat comme un levier majeur pour relever les défis du développement dans un contexte mondial marqué par de profondes mutations économiques, technologiques, environnementales et géopolitiques.
“Le monde traverse une période de profondes mutations économiques, technologiques, environnementales et géopolitiques. Dans ce contexte, les partenariats stratégiques entre nations deviennent des instruments essentiels pour relever les défis et saisir les opportunités de croissance”, a-t-il déclaré.
Selon lui, la RDC occupe une place particulière sur l’échiquier international grâce à son potentiel humain, à sa biodiversité exceptionnelle et à ses importantes ressources naturelles stratégiques, indispensables à la transition énergétique mondiale. Il a rappelé que les États-Unis demeurent un partenaire majeur dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, de la technologie, de la gouvernance et du développement économique.
“Pour que ces partenariats produisent des effets durables et bénéfiques pour la population, il est indispensable que la RDC en assure une appropriation effective à travers des actions, des politiques publiques et l’implication de tous les acteurs nationaux”, a-t-il insisté.
Prenant la parole à son tour, Donat-Soft Mukuna Muya, coordonnateur national du CES-UDPS, a rappelé que cette structure, dont la devise est « La science au service du peuple », totalise six années d’existence. Il a indiqué qu’elle a déjà organisé plus de 147 matinées scientifiques, deux conférences nationales et deux grandes conférences internationales, tout en soumettant 29 projets structurants au Gouvernement.
Il a rappelé que la première grande conférence, tenue en juillet 2022 sur « Les défis du développement de la RDC », avait abouti à douze recommandations, dont huit ont été intégrées au programme du Gouvernement en 2023. À l’en croire, la deuxième conférence internationale, organisée en juin 2024 sur « Les fondamentaux pour une industrialisation effective et durable de la RDC », avait produit dix-huit recommandations, dont onze ont été reprises dans le Plan quinquennal d’industrialisation 2025-2030.
“Notre mission durant ces deux jours est de faire en sorte que la RDC soit un acteur de ces accords et non un simple spectateur. L’objectif est que ce partenariat profite avant tout au peuple congolais”, a affirmé Donat-Soft Mukuna.
Deuxième journée axée sur les recommandations et l’engagement pour leur mise en œuvre
La clôture des assises, le mardi 23 juin 2026, a été présidée par Jean Tezo Kia-Nsi, secrétaire général adjoint de l’UDPS chargé des questions socioculturelles et humanitaires, représentant le secrétaire général.
Dans son intervention, il a salué la qualité des travaux réalisés par les intellectuels du parti et plaidé pour l’organisation de telles conférences dans toutes les provinces ainsi que dans les communes populaires afin de rapprocher la réflexion scientifique des citoyens.
“La direction politique de l’UDPS félicite les intervenants et les organisateurs pour la qualité des travaux. Plusieurs éminents professeurs ont démontré scientifiquement l’importance de ce partenariat stratégique pour la RDC”, a-t-il déclaré.
Selon lui, les accords conclus entre la RDC et les États-Unis constituent une opportunité majeure susceptible d’accélérer le développement économique et social du pays. Il a également encouragé le CES-UDPS à vulgariser ces débats dans les langues nationales afin que la population comprenne les enjeux de ce partenariat.
De son côté, Donat-Soft Mukuna Muya a insisté sur l’importance de la mise en œuvre des recommandations issues des travaux.
“Huit recommandations sur douze issues de notre première conférence ont été adoptées par le Gouvernement. Lors de la deuxième conférence, onze recommandations ont été intégrées dans le Plan quinquennal d’industrialisation. Aujourd’hui, le CES-UDPS enregistre un taux d’adoption de 41 % de ses recommandations. Toutefois, leur adoption ne suffit pas ; elles doivent désormais être effectivement mises en œuvre”, a-t-il souligné.
Le coordonnateur national du CES-UDPS a également annoncé la publication prochaine des actes de cette troisième conférence dans une édition spéciale de la revue Intelligence Stratégique.
“Le partenariat stratégique USA-RDC ne deviendra une véritable opportunité que si les Congolais décident eux-mêmes de s’approprier ses retombées” a-t-il déclaré, en invitant les contributeurs à respecter les normes de publication scientifique afin de garantir la qualité et la crédibilité de cette production intellectuelle.
À l’issue des assises les panelistes ont particulièrement recommandé un investissement accru dans la formation des jeunes, le développement des infrastructures, la modernisation de l’appareil productif national ainsi que la valorisation du capital humain congolais, considérés comme des leviers essentiels pour faire du partenariat USA-RDC un véritable moteur de transformation et de prospérité nationale.
Créé officiellement le 26 septembre 2019 en vertu de l’article 53 des statuts de l’UDPS, le Corps de l’Élite Scientifique de l’UDPS se veut une structure scientifique nationale au service du pays et du parti. Il regroupe des scientifiques, des chercheurs et des professionnels congolais de l’intérieur du pays et de la diaspora, répartis autour de quatre pôles thématiques : les sciences naturelles, les sciences de la santé, les sciences sociales ainsi que les arts et lettres.
Kuzamba Mbuangu