RDC: près de 68% de la population vit dans la pauvreté, le PNUD plaide pour des politiques ciblées par province

Femmes et bébés dans un centre de prise en charge de malnutrition à Kaniola
Femmes et bébés dans un centre de prise en charge de malnutrition à Kaniola

La République démocratique du Congo demeure confrontée à une pauvreté massive malgré les performances économiques enregistrées ces dernières années. C’est ce que révèle un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publié le 8 juin 2026.

Selon cette note d’analyse, 67,9% de la population congolaise vit sous le seuil national de pauvreté en 2025. Une situation qui compromet sérieusement l’atteinte de l’Objectif de développement durable (ODD) n°1, consacré à l’éradication de la pauvreté à l’horizon 2030.

L’étude plaide pour une réorientation des politiques publiques vers les provinces les plus vulnérables. Avec un taux de pauvreté estimé à 67,94%, la RDC figure parmi les pays les plus touchés par la précarité dans le monde. Un constat d’autant plus frappant que le pays dispose d’importantes ressources naturelles et a connu plusieurs années de croissance économique.

Pour le PNUD, cette réalité met en évidence le caractère peu inclusif de la croissance observée au cours des deux dernières décennies, dont les retombées n’ont pas suffisamment profité à l’ensemble de la population.

Le rapport souligne également que la RDC affiche un indice de développement humain (IDH) de 0,522, ce qui la classe au 171e rang sur 193 pays, selon le dernier rapport mondial sur le développement humain du PNUD. Par ailleurs, le produit intérieur brut (PIB) par habitant demeure relativement faible, estimé à 1 602 dollars en parité de pouvoir d’achat (PPA). Ces indicateurs traduisent l’ampleur des défis économiques et sociaux auxquels le pays reste confronté.

Des écarts importants entre les provinces

L’une des principales conclusions du rapport du PNUD concerne la forte disparité géographique de la pauvreté en RDC. Certaines provinces enregistrent des niveaux particulièrement élevés, notamment le Kasaï-Central (79,82 %), le Kwilu (79,24%), le Tanganyika (78,54%), le Kasaï-Oriental (77,91%) et le Nord-Ubangi (76,97%).

Dans ces régions, près de huit personnes sur dix vivent sous le seuil de pauvreté, illustrant l’ampleur des difficultés socio-économiques auxquelles les populations sont confrontées.

À l’opposé, quelques provinces présentent des taux relativement moins élevés, bien que la pauvreté y demeure largement répandue. C’est le cas de Kinshasa (52,63%), du Kongo Central (60,38%), du Lualaba (63,96%) et du Haut-Katanga (65,59%).

La capitale congolaise apparaît ainsi comme la province la moins touchée du pays. Toutefois, plus d’un habitant sur deux y vit encore dans la pauvreté, ce qui témoigne des limites de la croissance économique et de la concentration des richesses dans l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population.

Par ailleurs, le rapport met également en évidence quatre provinces considérées comme prioritaires dans la lutte contre la pauvreté : le Kwilu, le Haut-Uélé, le Tanganyika et le Kasaï-Central. Ces entités cumulent à la fois une forte incidence de pauvreté et une contribution importante à la pauvreté nationale en raison de leur poids démographique.

Selon le PNUD, des progrès significatifs dans ces provinces auraient un impact direct sur la réduction du taux de pauvreté à l’échelle nationale.

James Mutuba