Kabila sort de son silence et appelle à la résistance contre la révision constitutionnelle

Joseph Kabila à Goma
Joseph Kabila à Goma

L'ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, a adressé ce jeudi 11 juin 2026 un message solennel au peuple congolais, dans lequel il prend fermement position contre le processus de révision de la Constitution du 18 février 2006 engagé par le pouvoir en place.

Dans ce communiqué signé depuis le Bureau du Président honoraire, Kabila qualifie l'adoption de la loi référendaire à l'Assemblée nationale de « forfaiture manifeste » et accuse le président Félix Tshisekedi de trahison de son serment constitutionnel, une charge qu'il dit désormais « incontestable et de notoriété publique ».

L'ancien chef de l'État ne mâche pas ses mots. Il décrit un pays « gouverné de manière arrogante, liberticide, prédatrice », en marche selon lui vers « la consolidation de la tyrannie » et « l'instauration d'un pouvoir sans limite prévisible ». Il va jusqu'à comparer la trajectoire actuelle du Congo à une « cocotte-minute prête à exploser », faute de ce qu'il appelle « la respiration démocratique indispensable à sa stabilité ».

Invoquant l'article 64 de la Constitution, qui fait obligation à tout Congolais de faire échec à quiconque exercerait le pouvoir en violation de la loi fondamentale, Kabila appelle à un « sursaut national » et à « la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, sans distinction d'origine, de province, de religion, de langue, de condition sociale ou d'appartenance politique ». Il exhorte chaque citoyen à transformer son quartier, son village, sa ville en « cellule de résistance citoyenne et de défense de la démocratie ».

Ce message intervient dans un contexte de tension politique croissante autour du projet de révision constitutionnelle, que ses opposants accusent de viser en réalité l'ouverture d'un troisième mandat présidentiel. Kabila, qui avait déjà brisé le silence le 23 mai 2025 pour dresser un bilan sévère de la gouvernance actuelle, monte ainsi d'un cran dans sa confrontation avec son successeur, avec lequel il avait pourtant scellé une coalition au lendemain de l'élection de 2018.