FOMIN : la Sentinelle des Ressources naturelles exige un audit indépendant après la nomination de nouveaux mandataires 

Photo d'illustration
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L'organisation de la société civile La Sentinelle des Ressources naturelles appelle le gouvernement congolais à diligenter un audit indépendant du Fonds Minier pour les Générations Futures (FOMIN). Dans une lettre ouverte adressée au ministre des Mines, ce lundi 8 juin, l'organisation estime qu'il est urgent de faire toute la lumière sur la gestion des revenus du Fonds afin de renforcer la transparence et la confiance des citoyens.

Selon La Sentinelle, la récente nomination de nouveaux mandataires à la tête du FOMIN constitue une occasion de clarifier les nombreuses interrogations entourant la gestion de cette structure créée pour préserver une partie des revenus miniers au profit des générations futures.

« La nomination des nouveaux mandataires à la tête du FOMIN constitue une opportunité de faire la lumière sur les allégations de mauvaise gestion imputées à l'équipe sortante », affirme l'organisation dans sa correspondance signée par son directeur exécutif, Jean Pierre Okenda.

Cette ONG spécialisée dans la gouvernance minière rappelle que huit ans après la mise en place du Fonds, les citoyens congolais ne disposent toujours pas d'informations suffisantes sur les revenus effectivement collectés, les investissements réalisés, les dépenses engagées ou encore les rendements obtenus.

Dans sa lettre, l'organisation dénonce une gestion qu'elle juge opaque et contraire aux exigences de transparence prévues par le décret portant statut, organisation et fonctionnement du FOMIN. Elle souligne notamment l'absence de publication de rapports d'audit indépendants, de rapports financiers ainsi que d'informations détaillées sur les projets financés et les performances des investissements réalisés.

« Aucune de ces informations ni aucun de ces documents n'est rendu public par les gestionnaires du FOMIN », déplore La Sentinelle, qui estime que cette situation prive les citoyens de leur droit à l'information sur l'utilisation des revenus miniers destinés aux générations futures.

Cette structure de la société civile cite plusieurs allocations attribuées au Fonds au cours des dernières années, notamment 100 millions USD pour le barrage hydroélectrique de Katende, 100 millions USD investis en obligations de la Banque centrale du Congo, 17 millions USD pour la rénovation du laboratoire du CEEC, 50 millions USD injectés dans le capital de DRC Gold Trading SA, ainsi que d'autres projets annoncés dans les domaines de la formation professionnelle et du secteur minier.

Pour La Sentinelle, la plupart de ces investissements auraient été effectués sans cadre d'investissement clairement établi ni études préalables rendues publiques. Cette situation exposerait le Fonds à des risques de mauvaise gouvernance et d'inefficacité dans l'accomplissement de sa mission principale.

« Aucun transfert de richesses aux générations futures n'est concevable sans rigueur dans la gestion ni respect des dispositions de transparence et de redevabilité », insiste l'organisation, qui appelle le ministère des Mines à agir rapidement.

Face à ces préoccupations, elle  exhorte le ministre des Mines à engager sans délai un audit indépendant afin d’évaluer la gestion des ressources du Fonds, d’établir les éventuelles responsabilités et de garantir que les revenus miniers destinés aux générations futures soient utilisés conformément à leur vocation.

Cette alerte intervient alors que le FOMIN vient d’être doté d’une nouvelle équipe dirigeante, nommée le 3 juin dernier par ordonnance présidentielle lue à la chaîne nationale. Kalaa Mpinga occupera le poste de président du conseil d’administration, Godard Motemona celui de directeur général, tandis que le poste de directeur général adjoint (DGA) sera assuré par Eugène Bunga.

César Olombo