Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, estime qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif de la riposte engagée sur le terrain seulement onze jours après la déclaration officielle de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Lors d’un briefing consacré à la situation sanitaire marquée par l’épidémie de la maladie à virus Ebola, tenu mardi 26 mai 2026 avec son collègue porte-parole du gouvernement, le patron de la santé en RDC a insisté sur la nécessité d’évaluer la réponse non pas en termes de satisfaction, mais d’efficacité opérationnelle face à l’évolution de l’épidémie.
"Je n’ai pas à être satisfait, j’ai à être efficace. Ce n’est donc pas une question de satisfaction, mais véritablement une question d’efficacité. Nous faisons face à des difficultés logistiques pour assurer la distribution complète des équipements sur tous les sites. Je ne peux donc pas être satisfait alors qu’il existe encore des endroits où des équipes déjà déployées sur le terrain n’ont pas encore reçu leurs équipements", a-t-il expliqué en répondant à une question de la presse.
Malgré ces contraintes, Samuel Roger Kamba affirme que certains indicateurs montrent déjà une progression dans la riposte, particulièrement dans le suivi des cas contacts. Toutefois, il reconnaît que des efforts restent à fournir concernant le suivi quotidien de ces personnes exposées au virus.
"Lorsque nous avons commencé l’identification des cas contacts, leur nombre était encore très faible. Aujourd’hui, nous avons déjà identifié plus de 3.600 cas contacts. À ce niveau-là, je peux dire que ce pilier progresse. Parmi ces 3.600 cas, combien sont réellement suivis au quotidien ? Là encore, je reconnais qu’il reste une marge importante de progression", a-t-il admis dans son intervention.
Concernant la prise en charge médicale, le ministre assure que les intrants sanitaires nécessaires sont déjà disponibles dans le pays, même si leur déploiement intégral sur tous les sites n’est pas encore effectif. Pour Samuel Roger Kamba, la RDC se trouve encore dans une phase active de déploiement de la riposte et il serait prématuré de tirer des conclusions définitives après seulement une dizaine de jours.
"Tous les intrants médicaux sont déjà arrivés sur place. Mais sont-ils déjà distribués partout ? Non, pas encore. Nous sommes encore en phase de déploiement. Il faut aussi replacer les choses dans leur contexte : nous sommes dans une guerre contre un virus. Peut-on réellement, après dix jours, dire que l’on est satisfait ? Non. Ce que l’on peut dire, c’est que nous sommes pleinement au travail", a insisté le ministre Samuel Roger Kamba.
Le ministre de la Santé a également rappelé son implication personnelle dans le suivi de la situation sur le terrain. Samuel Roger Kamba a annoncé l’arrivée imminente de nouveaux équipements destinés à renforcer les capacités opérationnelles de la riposte.
"Vous avez constaté que je ne suis pas resté à Kinshasa. J’étais sur place deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie. Et nos équipes sont présentes sur le terrain chaque jour et d’autres équipes partiront encore demain. Je vous ai également annoncé que, jeudi, 100 tonnes d’équipements supplémentaires arriveront. C’est l’ensemble de ces éléments qui nous permettra peut-être, dans un mois, d’évaluer correctement si la riposte a été efficace ou non. Mais après seulement une semaine ou dix jours, donnez-nous un peu plus de temps pour pouvoir répondre correctement", a fait remarquer le ministre de la Santé publique, hygiène et Prévoyance sociale.
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
Clément MUAMBA