Lors du débat parlementaire, le vendredi 27 mars, consacré à la proposition de loi modifiant et complétant le cadre légal relatif à l’organisation et à la gestion des entreprises du portefeuille de l’État, initiée par Jean-Pierre Pasi Zapamba, le député de Lukunga, Dunia Mangu Mangu, s’est illustré par une série d’amendements de fond visant à renforcer la gouvernance publique.
Au cœur de son intervention : la lutte contre le cumul des fonctions, qu’il considère comme un frein à l’efficacité et une source de frustration sociale, notamment pour la jeunesse sans emploi.
Incompatibilité entre mandat public et activités concurrentes
Le député a insisté sur la nécessité d’établir une incompatibilité claire entre les fonctions de mandataire actif dans une entreprise du portefeuille de l’État et l’exercice d’un mandat politique ou d’activités commerciales concurrentes.
« Les fonctions de mandataire actif dans l’entreprise du portefeuille de l’État sont incompatibles avec l’exercice d’un mandat politique ou de toute activité commerciale similaire ou concurrente à l’objet social de l’entreprise », a-t-il déclaré.
Limitation stricte du cumul de mandats
Dans le même esprit, Dunia Mangu Mangu propose de restreindre strictement le cumul des fonctions d’administrateur et de mandataire public.
Il illustre son propos par deux cas concrets :
• Un individu ne peut être simultanément ministre et mandataire dans des entreprises publiques telles que la Régie des voies aériennes (RVA) ou la Société nationale d’assurances.
• De même, une personne ne peut cumuler un mandat à la RVA avec celui de directeur général dans un établissement public comme l’Institut supérieur et pédagogique de Mbanza-Ngungu ou celui de Bunia.
Un soutien à l’initiative de Pasi Zapamba
Le député de Lukunga a salué l’initiative de son collègue Jean-Pierre Pasi Zapamba, estimant qu’elle répond à une attente forte de la population.
« Je salue l’intelligence du collègue Pasi Zapamba qui vient limiter le cumul de fonctions par certains individus qui énervent la jeunesse sans emploi », a-t-il affirmé.
Vers une prise en compte des réalités politiques et régionales
Toutefois, Dunia Mangu Mangu juge incomplète la disposition prévoyant le recrutement des mandataires publics sur concours. Il propose d’y intégrer des critères politiques et de représentativité nationale.
« Le mandataire public est recruté sur concours en tenant compte de pesanteurs politiques et de la représentation nationale », a-t-il suggéré.
Selon lui, cette reformulation permettrait de réduire les frustrations politiques et d’assurer une meilleure cohérence entre les mandataires publics et la majorité au pouvoir.
« On ne saura pas consolider ce pouvoir avec des mandataires qui n’ont pas la philosophie politique de la majorité au pouvoir », a-t-il soutenu.
Cohésion nationale en ligne de mire
Pour le député, l’introduction d’une « dose politique » et d’un équilibre régional dans les nominations contribuerait à renforcer la cohésion nationale.
« Si nous ajoutons une dose politique et une représentativité nationale, ceci nous permettra de consolider la cohésion nationale », a-t-il conclu.
Ces propositions alimentent un débat crucial sur la réforme de la gouvernance des entreprises publiques en République démocratique du Congo, où la question du mérite, de l’équilibre politique et de la transparence reste au centre des préoccupations.