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Mambo Zawadi, coordinatrice nationale de l'organisation Solidarité féminine pour le développement intégral (SOFEPADI) est également parmi les victimes du crash, ce dimanche 24 novembre, d'un avion de la compagnie Busy Bee a Goma (Nord-kivu). Elle est morte avec son mari, alors qu'ils quittaient Goma pour Béni. Son organisation, SOFEPADI,  confirme la nouvelle dans un message publié sur son compte twitter.

Dans l'Est du Congo, Mambo Zawadi était réputée pour son engagement au sein la société civile. A travers son organisation, elle militait pour la défense des droits de l'homme, comme dans le cas des victimes de la guerre civile de l'Ituri.

« Mambo Zawadi était une femme engagée dans la promotion des droits humains, notamment les droits de la femme. Elle était parmi les leaders qui forment, apprécient et encouragent d'autres femmes au militantisme, parce qu'elle était convaincu que c'était l'unique moyen de restaurer la dignité, non seulement de la femme, mais aussi celle des hommes du Congo qui font face aux violences de tout genre. C'est vraiment triste de perdre une combattante », témoignage Rose Tuombeane, coordinatrice de la Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU) basée à Butembo, qui a beaucoup collaboré avec l'illustre disparu.

Lundi 9 juillet dernier, quand la Cour pénale internationale (CPI) avait reconnu l'ex-chef de guerre Bosco Ntaganda, coupables de 18 chefs d'accusation, Mambo Zawadi avait accordé une interview à ACTUALITE.CD dans laquelle elle rappelait que le droit pour les victimes à la justice ne se limite pas à la condamnation du bourreau, et qu'il prend également en compte le droit à la réparation.

« Au-delà de l’aspect pénal, il faut qu’on accorde aussi de l’importance au volet réparation et mémoire. Nous voulons que la Cour puisse innover en définissant des mécanismes de réparation plus rapides. Et nous voudrions que les survivants soient placés au centre de planification de la nature de réparation, et non amener des projets conçus dans des officines, et qui ne rencontrent pas les besoins des victimes survivantes. Certes, la réparation ne va pas ramener les survivants dans leur état initial avant les affres, mais cela doit répondre à leurs besoins spécifiques de survie et de réinsertion communautaire », expliquait Mambo Zawadi.

Elle avait ajouté que pour le cas de l’Ituri, son organisation de défense des droits humains soutient également des plaidoyers pour l’amorce d’un travail de mémoire pour honorer celle des victimes.

« Il y a peu, avec la conseillère en matière de violences sexuelles de l’ancien chef de l’Etat (Joseph Kabila, Ndlr), on avait déjà entamé des discussions avec les victimes pour définir le travail de mémoire important pour elles : elles avaient émis le vœu de voir un monument être érigé en Ituri en mémoire des victimes et initier des littératures retraçant l’histoire des affres connues. Jusqu’aujourd’hui, les survivants plaident aussi pour que des journées commémoratives fériées soient aussi décrétées au pays, en souvenir de la situation vécue. Il s’agit des initiatives que nous soutenons au niveau national. C’est important que la communauté internationale puisse capitaliser ces acquis », avait-elle plaidé.

Claude Sengenya, à Butembo

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