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Kinshasa : près de 200 femmes ont manifesté contre la vente du marché de l’ex-Onatra

Samedi 7 septembre 2019 - 13:45
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Kinshasa : près de 200 femmes ont manifesté contre la vente du marché de l’ex ONATRA

Plus d’une centaine de vendeuses de poissons frais, poissons fumés et braises ont manifesté, ce samedi matin, devant l'Hôtel de Ville de Kinshasa. Du marché Inflammable de l’ex-Onatra au nouveau bâtiment de l'Hôtel de Ville, elles ont entonné des chants tout en brandissant du poisson pour protester contre la vente de leur marché à des sociétés privées indiennes et chinoises. 

C’est la première fois que les vendeuses de poissons descendent dans les rues de Kinshasa. Quand, ils ont démoli les constructions qu’il y avait dans ce marché, nous avons pensé que c’était pour nous construire un grand marché parce que nous vendons sous le soleil. Ils ont vendu cet espace aux Indiens et aux Chinois, alors qu’il s’agit d’un marché public. C’est inconcevable”, déplore Marie-Jeanne Ntumba, vendeuse de poissons.

Nous sommes Congolais et nous vivons sur notre territoire. Nous n’avons jamais été dérangés dans ce marché. Depuis que le président Félix est au pouvoir, nous sommes tourmentés. Le nouveau chef de la Société Congolaise des Transports et des Ports (ex-Onatra) nous oblige à ne plus vendre nos poissons. Et pourtant, c’est le seul grand port de poissons à Kinshasa”, explique Amisi, vendeur de poissons au port Ngwaka.

Kinshasa : près de 200 femmes ont manifesté contre la vente du marché de l’ex ONATRA

Adèle, secrétaire du marché Inflammable de l’Onatra, surenchérit : “ Je suis l’une des responsables du marché. Nous faisons des recouvrements, les femmes paient convenablement leurs taxes. Par mois, nous versons au moins 2800 dollars à l'Hôtel de Ville. Ce matin, sans préavis, le chef Lukusa de l’Onatra nous a obligé à délocaliser notre marché. Où irons-nous ?”, s’interroge-t-elle.

Rosette est la présidente des vendeuses des braises. Elle déplore également la situation : “Nous allons rester ici jusqu’à ce que l'Hôtel de Ville nous trouve une solution. La plupart d’entre nous, sommes veuves, nous avons des familles à nourrir. Nous vendons des braises dans ce marché. Hier, nous avons été empêché de tenir notre marché. Aujourd’hui encore, ils obligent aux vendeuses des poissons à quitter le marché Ngwaka. Et nous qui leur vendons des braises, où devons-nous aller ?”    

Pour le major Roger Ntambwe, qui a tenté en vain de négocier avec les vendeuses, le long de l’avenue Tabu Ley (ex-avenue Tombalbaye) et devant l’entrée principale du nouveau bâtiment de l'Hôtel de Ville, les femmes devraient revenir lundi. “ La moindre chose pour moi était d’arriver à contenir ces mamans. Aujourd’hui, c’est samedi et tous les bureaux sont fermés. Les autorités ne viennent pas travailler. J’aurais souhaité qu’elles rentrent pour constituer une délégation d’au moins cinq personnes qui devrait être porteuse du message auprès du bourgmestre de la commune de la Gombe ou auprès du gouverneur de la ville.” Et d’ajouter “ si elles continuent à manifester et qu’elles empêchent la circulation, nous allons les obliger à quitter les lieux. Ce sont des femmes, elles sont nos mamans mais elles ne veulent pas nous écouter.” 

 

Kinshasa : près de 200 femmes ont manifesté contre la vente du marché de l’ex ONATRA

A 11 heures, une délégation constituée de quatre femmes dont la secrétaire du marché et un vendeur ont pu accéder au hall de réception de l'Hôtel de Ville. Selon Adèle, le vice-gouverneur est dans son bureau mais il n'est pas en mesure de recevoir cette délégation étant donné qu’il s’agit d’une demi-journée de travail. Entre-temps, les femmes continuent à manifester. Elles projettent de se rendre à la Maison communale de la Gombe et retourner au port Ngwaka.    

Prisca Lokale