Dernière ligne droite sur la formation du gouvernement. Le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, espère transmettre au président de la République, Félix Tshisekedi, la première mouture de son exécutif. Il a exigé à CACH et au FCC de lui transmettre trois noms par portefeuille et lui leur a fait connaître les critères pour les ministrables. Et déjà ça se bouscule au portillon dans les états-majors de ces deux plateformes, tout le monde veut avoir droit au chapitre.
ACTUALITE.CD donne la parole aux organisations de la société civile et aux syndicats sur les attentes par rapport à ce premier gouvernement FCC-CACH qui se doit être l’expression non seulement de l’attente entre les deux forces politiques, mais aussi le catalyseur de l’accomplissement des promesses de campagne du nouveau chef de l’Etat.
Pour ce numéro, ACTUALITE.CD vous propose le point de vue de l'Association Africaine de Défense des Droits de l'Homme (ASADHO), à travers son président, Jean-Claude Katende.
Je tiens à féliciter le Premier ministre, Monsieur ILUNGA ILUKAMBA, pour avoir rendu public les critères devant guider les regroupements politiques dans le choix des personnalités qui pourraient entrer au gouvernement. Cette publication est une évolution significative dans la mesure où elle permet aux citoyens de suivre et d’évaluer le respect desdits critères par les acteurs politiques Congolais.
Si quelques critères me semblent justes, il y en a d’autres qui posent de problème en ce sens qu’ils ne sont pas justes et n’établissent un traitement égal de tous les acteurs intéressés par les postes ministériels. C’est notamment celui qui dit que « Ne pas avoir fait l’objet des condamnations judiciaires fermes en RDC ou à l’étranger ». Ce critère qui parait bon à tous égards semble être prévu de manière intentionnelle pour exclure certains acteurs sociaux ou politiques de l’opposition de participer au Gouvernement.
Nous savons tous que pendant le règne de l’ancien Président KABILA, la justice a été instrumentalisée et était orientée vers la répression des acteurs sociaux et politiques qui étaient opposés à Monsieur Joseph KABILA. Plusieurs ont été condamnés injustement.
Alors que plusieurs membres de l’ancienne Majorité Présidentielle (actuel FCC), mêmes ceux qui étaient révoqués pour détournement des deniers publics, qui étaient impliqués dans le pillage des ressources naturelles et violations des droits de l’Homme, que le régime avait protégé et qui n’ont jamais été inquiétés par la justice, ne sont pas concernés par ce critère. Eux, ils peuvent facilement entrer au Gouvernement alors que ceux qui ont été condamnés à la suite des jugements injustes ne peuvent pas. Ce n’est pas jute.
Si nous voulons être justes, ce critère doit être complété par un autre qui serait formulé de la manière suivante : « Avoir une moralité et une équité non affectées par les actes de violation des droits de l’Homme, de pillage des ressources naturelles, de mauvaise gestion des fonds publics, de détournements des biens de l’Etat… »
Ainsi, tous les acteurs sociaux et politiques seront mis sur le même pied d’égalité.
Sans justice, la nation ne se tiendra pas débout.