Le cadre de l'UDPS Peter Kazadi a renvoyé à Joseph Kabila la responsabilité de la libération de cadres du M23 détenus à Kinshasa. Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, il répondait à un auditeur qui l'interrogeait sur la remise en liberté de figures comme Byamungu et Nsabimana, condamnées et emprisonnées à l'arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir.
Selon Peter Kazadi, Joseph Kabila avait signé, avant son départ, des ordonnances de libération de détenus se trouvant dans différents lieux de détention. Le gouvernement Tshisekedi n'aurait fait que les exécuter, « dans le cadre de la continuité de l'État ».
« C'est une ordonnance de Kabila qui a été exécutée sous le mandat de Tshisekedi », a-t-il affirmé.
« Personne, mais alors personne, ne vous montrera un acte signé par Félix Tshisekedi autorisant la libération de tous ces individus. »
Relancé sur le fait que le nouveau président avait le pouvoir de bloquer ces ordonnances, Peter Kazadi a reconnu qu'il en avait la possibilité, mais que le pouvoir « n'avait pas intérêt à le faire ».
« Qui pouvait savoir qu'en libérant certains, ils allaient se retrouver de nouveau dans la rébellion ? », s'est-il interrogé.
Il a ajouté que Joseph Kabila avait signé de nombreuses ordonnances à la fin de son mandat, dont certaines « antidatées », allant parfois jusqu'à nommer plusieurs personnes au même poste au même moment.
Sur la présence de membres du M23 à Kinshasa, que l'auditeur disait reconnue par le chef de l'État lors d'une conférence de presse, Peter Kazadi a affirmé que Félix Tshisekedi n'avait « jamais invité » ces derniers. Il en attribue l'initiative à Ibalanky, aujourd'hui dans la rébellion, qui aurait fait venir des membres de ces mouvements en informant le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gilbert Kankonde. Ibalanky aurait aussi demandé à l'auditeur général de lever certaines poursuites engagées contre eux.
« Si j'ai menti, qu'il vienne me contredire », a lancé Peter Kazadi.
Interpellé sur les 14 mois passés par ces hommes dans la capitale, le cadre de l'UDPS a contesté le terme de rebelles.
« En ce moment-là, ce n'étaient pas des rebelles », a-t-il soutenu.
Selon lui, ils étaient venus solliciter leur intégration, y compris l'actuel chef de la rébellion, pour « regagner les rangs patriotiques ».
« On ne pouvait pas leur fermer la porte », a-t-il justifié.