Près d’un an après sa signature le 4 décembre 2025, et quelques semaines après la formalisation du mécanisme de coordination et de suivi de sa mise en œuvre, l’accord de partenariat stratégique signé entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et celui des États-Unis d’Amérique fera désormais l’objet d’un suivi renforcé de la part des autorités congolaises. Dénommé « Task Force RDC-USA » ce mécanisme vise à assurer la coordination et le suivi opérationnel de la mise en œuvre de cet accord. La question a été abordée lors de l’intervention de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka à la 100ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 9 octobre 2026 à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, capitale de la RDC.
Au cours de son intervention, la cheffe du gouvernement a annoncé qu’elle présidera le lundi 12 octobre 2026, à la Primature, la deuxième réunion de la Task Force RDC-USA, consacrée à la coordination et au suivi opérationnel de la mise en œuvre de cet accord stratégique. Cette rencontre réunira les membres du gouvernement concernés autour des principales étapes de mise en œuvre du partenariat entre Kinshasa et Washington.
« Cette réunion, à laquelle sont conviés les membres du gouvernement, portera notamment sur l’assistance technique américaine, l’état d’avancement des travaux du Comité technique de suivi des actions pour le développement du corridor de Lobito, le traitement de la liste initiale des actifs stratégiques soumise à la partie américaine, ainsi que le processus de sélection des projets stratégiques », rapporte le compte rendu de la réunion.
Selon la Première ministre, cette rencontre permettra également d’examiner les préparatifs des prochaines échéances conjointes entre la RDC et les États-Unis, notamment la réunion du Comité de pilotage conjoint.
« Au cours de cette réunion, il sera également examiné la préparation des prochaines échéances conjointes RDC-USA, notamment la réunion du Comité de pilotage conjoint, ainsi que les préparatifs en vue de la réunion qui se tiendra à Paris sur le programme Inga, du 25 au 27 octobre, en présence du sous-secrétaire d’État adjoint américain au Trésor et de la haute hiérarchie de la Banque mondiale », précise le compte rendu de la réunion présenté par le porte-parole du gouvernement.
À travers cette deuxième réunion de la Task Force, le gouvernement entend renforcer la coordination des actions engagées et assurer un meilleur suivi des engagements pris dans le cadre du partenariat stratégique avec les États-Unis.
"Cette deuxième réunion de la Task Force constitue donc une occasion importante de renforcer la coordination gouvernementale et d’accélérer la mise en œuvre de la création de l’autorité fiscale centralisée. Elle a précisé que notre pays s’est engagé à entreprendre ces adaptations législatives, réglementaires et institutionnelles dans un délai maximum de 12 mois", précise Judith Suminwa dans le compte rendu de la réunion.
Parallèlement au suivi de l’accord de partenariat stratégique avec Washington, la Première ministre a abordé la réforme du système de gestion des recettes publiques, notamment à travers la mise en place d’une autorité fiscale centralisée. À ce sujet, Judith Suminwa a rappelé que la RDC s’était engagée à entreprendre, dans un délai maximal de douze mois, les adaptations législatives, réglementaires et institutionnelles nécessaires à la concrétisation de cette réforme.
« La mise en œuvre de l’autorité fiscale centralisée offre ainsi l’occasion d’engager une réforme plus ambitieuse de notre système de gestion des recettes publiques, fondée notamment sur une meilleure intégration des administrations financières, l’interconnexion de leurs systèmes d’information, la simplification des procédures et la consolidation des données relatives aux contribuables », a souligné la Première ministre dans le compte rendu de la réunion.
Cette réforme vise notamment à améliorer la coordination entre les administrations financières, à renforcer l’interconnexion de leurs systèmes d’information et à simplifier les procédures de gestion des recettes publiques. Pour concrétiser cette réforme, la cheffe du gouvernement a instruit le ministre des Finances d’engager, dans les meilleurs délais, les travaux nécessaires à la mise en place de cette autorité fiscale centralisée.
Ces travaux devront être menés en collaboration avec les experts de la Primature, les ministères du Budget, de la Justice et du Plan, ainsi que les administrations fiscales et les autres services concernés.
« De ce fait, la Première ministre a chargé le ministre des Finances d’engager, dans les meilleurs délais, les travaux nécessaires à la matérialisation de cette importante réforme, en association avec les experts de la Primature, des ministères du Budget, de la Justice et du Plan, ainsi que les administrations fiscales et les autres services concernés. Compte tenu de l’urgence, le ministre des Finances lui en fera un rapport endéans les 30 jours », indique le compte rendu de la réunion.
Rappelons-le, le projet de décret portant institution, organisation et fonctionnement de cette Task Force a été présenté lors de la 98e réunion du Conseil des ministres par le vice-premier Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, également l’un des signataires de ces accords pour le compte de la RDC. Cette Task Force vise notamment à assurer le suivi des différentes actions découlant de l’accord et à favoriser une meilleure coordination entre les institutions et services concernés.
Mr Mukoko Samba cité dans le compte-rendu du Conseil des ministres, « a souligné qu’elle [Task force] constitue un mécanisme de notre gouvernement visant à traduire les engagements politiques pris dans le cadre de l'Accord en résultats économiques et sécuritaires concrets, au bénéfice des populations Congolaises ».
Signé dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, l’accord stratégique RDC–États-Unis instaure un partenariat à long terme reposant sur plusieurs axes majeurs. Le premier concerne la sécurisation des minerais stratégiques et la création d’une réserve d’actifs stratégiques, le Strategic Asset Reserve (SAR). L’accord prévoit un cadre visant à renforcer la transparence dans la gestion des ressources minières du pays et offre aux investisseurs américains un droit de premier regard sur les projets intégrés à cette réserve. Il prévoit également un accès sécurisé à des minerais essentiels tels que le cobalt, le cuivre et le germanium.
L’accord conclu entre Washington et Kinshasa prévoit en outre une réforme approfondie du cadre fiscal et administratif afin de sécuriser les investissements, la mise en place d’un guichet unique pour les opérateurs économiques, le renforcement de la lutte contre l’exploitation illicite des minerais ainsi que la formalisation du secteur minier artisanal
Clément MUAMBA