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RDC-Kinshasa : Eboulement d'un puits à Mont Ngafula: un parent porte plainte

Lundi 22 avril 2019 - 11:02
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Un puits construit dans une parcelle au quartier Mazal à Mont Ngafula.

Contrairement au rapport de la police qui annonçait samedi dernier le décès de quatre personnes suite à un éboulement dans la commune de Mont Ngafula, à Kinshasa, il s’agit de trois personnes mortes alors qu’elles travaillaient dans un chantier. Le parent des deux des victimes a décidé de porter plainte contre le propriétaire du chantier.

Michael Yakambi (29 ans) et Moïse Yakambi (28 ans), deux frères, étaient parmi les 3 morts du vendredi 19 avril dernier, sur l'avenue Ekanda, au quartier Mazal. Leur père biologique, Yakambi Saladi, a résolu de poursuivre en justice leur patron.

La rédaction d’ACTUALITE.CD a traversé les communes, les rues et les avenues pour rencontrer Yakambi Saladi, inconsolable.

Mazal, beau quartier résidentiel, près de celui de Mbudi, dans la commune de Mont Ngafula, est sec. Dans presque chaque parcelle, il y a un puits d’eau, pour la simple raison que l’eau ne coule presque jamais des robinets. Selon les habitants du coin, cette situation ne préoccupe pas la Régie de distribution d’eau (REGIDESO).

Le travail de Michael et Moïse était d’aider les gens de ce quartier à avoir de l’eau en creusant des puits, travail qu’ils ont hérité de leur père.

« Mes enfants sont diplômés, mais comme il n’y avait pas les moyens pour qu’ils continuent à l’université, ils ont commencé à faire le travail que je leur avais appris : creuser les puits jusqu’à atteindre l’eau », a dit Yakambi Saladi.

Micha
Sur la photo, le père de Moïse et Michael (assis en singlet orange), en famille, au quartier Mazal/Ph ACTUALITE.CD

Le puits d’eau qui a emporté les deux jeunes gens est situé au numéro 14 de l’avenue Ekanda. Il mesure 16 mètres de profondeur. Michael et Moïse étaient chargés de le retailler car le puits connaissait le glissement de terre et rendait l’eau impropre.

« L’employeur leur a demandé de venir arranger le puits, quand ils m’en ont parlé, je leur ai dit, en tant que professionnel, qu’il n’était pas prudent d’entrer dans un puits qui s’écroule déjà de l’intérieur, si votre patron a besoin d’un puits, faites un autre », avait conseillé le père à ses fils.

Le vendredi 19 avril, en arrivant au boulot, la femme du patron de Michaël et Moïse, a proposé à ces derniers 100 dollars américains, pour évacuer du puits les saletés au moyen d'une motopompe.

« C’est Moïse qui est descendu en premier afin d’ajuster la motopompe et réparer l’ancien puits. En plein travail, sa corde a lâché, il s’est noyé dans l’eau et la boue ne lui a pas permis de vite se relever, son grand-frère l’a suivi pour l’aider à s’en sortir ».

La seule personne restée au-dessus, c’est le propriétaire de la motopompe qui s’appelle aussi Moïse. Ce dernier, père de 8 enfants, est agent à la SCPT (Société congolaise des postes et télécommunications). C’est en essayant de secourir les deux frères que Moïse a glissé dans le puits où tous trois ont été engloutis. Les secours sont arrivés après près d’une heure.

Le bureau local de la police étant saisi de l’affaire, le dossier a été amené au tribunal de Ngaliema. Mais l’avocat des victimes a conseillé de transférer l’affaire au tribunal de grande instance de la Gombe, où le procès devrait débuter ce lundi 22 avril.

Thérèse Ntumba