Plus de 11 000 personnes sur les 16 238 détenus de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, sont en détention préventive, selon les chiffres présentés lors de la visite du ministre d’État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, jeudi 15 octobre 2026. Cela représente environ 68 % de la population carcérale de cet établissement, soit près de sept détenus sur dix.
Cette proportion met en évidence le poids de la détention préventive dans la surpopulation de la prison de Makala. Elle concerne des personnes placées en détention dans l’attente de la suite de leur procédure judiciaire, sans que cette situation signifie nécessairement qu’elles ont été condamnées.
Lors de sa visite, effectuée avec le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, le ministre de la Justice a rencontré plusieurs détenus qui ont affirmé être incarcérés pour des infractions mineures. D’autres ont sollicité leur libération pour des raisons humanitaires, évoquant notamment les conditions difficiles de détention.
« Nous sommes fatigués, nous souffrons. Il n’y a pas où dormir. Accordez-nous des mesures de grâce », ont lancé certains détenus au passage de la délégation.
Face à ces témoignages, Guillaume Ngefa a insisté sur la nécessité d’accélérer l’examen des dossiers pouvant donner lieu à des mises en liberté, notamment conditionnelles, tout en respectant les conditions prévues par la loi.
« Le directeur de la prison, avec le médecin, procédera à une évaluation de nos compatriotes susceptibles de bénéficier de libérations pour des raisons humanitaires, compte tenu de leur état physique et de santé, et surtout sur la base des rapports médicaux qui seront établis », a-t-il indiqué.
Au cours de la même visite, le procureur général a procédé à quelques libérations symboliques parmi 108 détenus identifiés en vue d’une remise en liberté après examen de leurs situations individuelles. Cette démarche fait suite aux libérations conditionnelles accordées la semaine précédente par le ministre à 66 détenus remplissant les conditions légales requises.
La situation à Makala reste particulièrement préoccupante : l’établissement, conçu pour 1 500 personnes, accueille actuellement 16 238 détenus. Cette surpopulation accentue la promiscuité et complique la prise en charge des personnes privées de liberté. Le désengorgement de la prison passe notamment par l’examen des dossiers judiciaires et l’application des mesures de mise en liberté prévues par la loi.
Kuzamba Mbuangu