Invité dimanche 11 octobre du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le professeur Tharcisse Loseke, l'un des fondateurs de Sauvons la RDC, la plateforme dirigée par Joseph Kabila, a pris la défense du discours prononcé le 9 octobre par l'ancien président. Face à Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l'Assemblée nationale et cadre de l'UDPS/Tshisekedi, il a qualifié ce message de « discours responsable » d'un ancien chef d'État ayant dressé un « bilan sans appel » de la gestion actuelle, dans un pays où, selon lui, la population est « totalement désespérée » face à une « misère insoutenable ».
D'emblée, Tharcisse Loseke a tenu à faire une mise au point sur le silence de Joseph Kabila à l'égard du Rwanda et de l'AFC/M23. Il a reconnu que l'ancien président, dans son discours, avait mis en cause les FARDC et les Wazalendo et dénoncé leur collaboration avec les FDLR, sans jamais condamner Kigali ni la rébellion. Un choix délibéré, selon lui : Joseph Kabila aurait voulu parler « exclusivement des problèmes congolais », le Rwanda ne constituant pas, à ses yeux, la préoccupation première d'une population inquiète pour son avenir. « La guerre à l'Est, c'est la conséquence de la mauvaise gouvernance du régime Tshisekedi », a-t-il soutenu, estimant que le principal danger pour le pays était le pouvoir en place, qui le conduirait « vers l'implosion ».
« Le pays est géré comme une propriété privée »
L'opposant a dressé un bilan « catastrophique » de la gouvernance actuelle, citant les difficultés d'accès à l'eau et à l'électricité, les problèmes de transport et les embouteillages à Kinshasa. Il accuse Félix Tshisekedi de diriger les Congolais « comme des moutons », entouré de flatteurs scandant « Fatshi béton », et de se comporter en « chef de clan ». Répondant aux « attaques, insultes et menaces » proférées, selon lui, par des personnalités du pouvoir après le discours de Joseph Kabila, il a appelé à juger le régime sur les indicateurs de pauvreté. Éducation, santé, logement, alimentation : tous seraient en recul, d'après le dernier rapport du PNUD qu'il invoque, alors qu'ils étaient « en progression » sous l'ancien régime.
Tharcisse Loseke a qualifié de « farfelus » les chiffres avancés par Jean-Claude Tshilumbayi sur les réalisations du pouvoir. Il a relativisé les universités construites, s'interrogeant sur leur nombre, leurs étudiants et leurs enseignants, en rappelant que l'ancien régime en avait aussi bâti. Se prévalant de son expérience d'ancien vice-ministre des Finances, il affirme que la dette publique avoisinerait aujourd'hui 18 milliards de dollars, alors qu'elle avait été « effacée complètement » sous Joseph Kabila, et que le régime précédent avait laissé environ 3 milliards de dollars de réserves de change, que le nouveau pouvoir aurait, selon lui, épuisées dès le programme des 100 jours, tout en aggravant la dette intérieure.
Des chiffres contestés par Jean-Claude Tshilumbayi, qui a soutenu au contraire que l'ancien régime n'avait laissé que 800 millions de dollars de réserves, portées depuis à 8,5 milliards, et que l'endettement actuel restait soutenable au regard d'un PIB d'environ 140 milliards de dollars.