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À Genève, l’ONU se dit prête à appuyer des évaluations d’impact sur les droits humains pour les grands projets liés aux ressources naturelles en RDC

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Awa Dabo, la Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme est intervenue vendredi 2 octobre 2026 dans le cadre du dialogue interactif sur le rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur la République démocratique du Congo à l’occasion de la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève en Suisse

Avec pour message intitulé « Il faut que les armes cessent de se taire de toute urgence » en RDC, Awa Dabo a dans son discours, mis en évidence le contraste entre les richesses minières de la République démocratique du Congo et les conditions de vie de sa population. Elle a également établi un lien entre la compétition autour des ressources naturelles, les intérêts économiques et la persistance du conflit dans l’Est de la RDC

Face à cette situation et dans un contexte où les minerais sont considérés par plusieurs États du monde et organisations partenaires de la RDC comme l’une des causes de l’instabilité dans l’Est du pays, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme via son Bureau en République démocratique du Congo se dit disposé à accompagner la mise en place d’évaluations portant sur les conséquences des grands projets et investissements liés aux ressources naturelles sur les droits humains

« Il existe un profond paradoxe entre l’immense richesse minière de la République démocratique du Congo et la pauvreté généralisée de sa population. La concurrence féroce pour les ressources naturelles et les intérêts économiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, continue d’alimenter le conflit dans l’Est du pays. Notre bureau est prêt à appuyer la réalisation d’évaluations d’impact obligatoires sur les droits humains pour les grands projets et investissements liés aux ressources naturelles » a fait savoir la Haut-Commissaire adjointe de l’ONU aux droits de l’homme Awa Dabo

La Haut-Commissaire adjointe a par ailleurs, insisté sur la nécessité que les richesses naturelles de la République démocratique du Congo bénéficient à sa population. Pour Awa Dabo, cette orientation nécessite des mesures portant notamment sur la gouvernance et le fonctionnement des institutions

« Les ressources du pays devraient profiter au peuple de la RDC et non être exploitées par des intérêts étrangers et nationaux égoïstes. Cela exige de la transparence, des réformes de la gouvernance, la lutte contre la corruption et des institutions plus fortes » a martelé la Haut-Commissaire adjointe de l’ONU aux droits de l’homme, Awa Dabo

Cette proposition intervient dans un contexte où pays riche en matières premières et en minerais critiques, la République démocratique du Congo (RDC) veut également changer de position dans l’économie mondiale des ressources stratégiques. À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, placée sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations Unies au service de tous », mercredi 23 septembre 2026, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka avait placé la question des ressources stratégiques au cœur des enjeux de paix, de développement et de sécurité internationale, dans un monde marqué par de profonds bouleversements et de fortes tensions géopolitiques.

Dans son intervention, en présence de la délégation congolaise et de représentants de plusieurs pays, la cheffe du gouvernement congolais qui s’exprimait au nom du chef de l’État Félix Tshisekedi avait également relevé un paradoxe qui caractérise particulièrement la RDC : certaines ressources qui alimentent les conflits sur son territoire sont également indispensables aux transformations technologiques et énergétiques de l’économie mondiale tout en réaffirmant la détermination de la RDC à faire de ses minerais un levier de souveraineté et de développement : « Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale. »

Cette position s’inscrit dans une ligne déjà défendue par la République démocratique du Congo sur la scène internationale. À l’initiative de la RDC, alors présidente du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le mois de juillet, une réunion en formule Arria avait notamment été consacrée à l’évaluation du déficit normatif en matière de ressources naturelles et de paix

Clément MUAMBA


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