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Augustin Kabuya à Joseph Kabila : « Il n’est pas un modèle pour parler des droits de l’homme »

Augustin Kabuya

La passe d’armes entre l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et l’ancien président Joseph Kabila se poursuit. Augustin Kabuya a sévèrement critiqué les prises de position de l’ancien chef de l’État, l’accusant de vouloir se présenter en défenseur des droits de l’homme alors que son propre bilan serait, selon lui, marqué par de graves violations des libertés fondamentales.

« Kabila a dit des choses et lui-même ne s’est pas rendu compte qu’il est en train de s’enfoncer dans un trou. C’est sa honte et celle de ses collaborateurs », a déclaré le SG de l’UDPS.

Pour Augustin Kabuya, Joseph Kabila ne peut pas évoquer la situation actuelle des professionnels des médias par exemple, sans tenir compte des événements survenus durant ses années au pouvoir. Il l’accuse de vouloir réécrire l’histoire du pays et estime que ses déclarations relèvent davantage d’une stratégie de repositionnement politique que d’une véritable préoccupation pour les droits humains.

« Il ne peut pas effacer l’histoire de tout un pays. Qu’il laisse les Congolais porter leurs problèmes », a-t-il lancé.

Les assassinats de journalistes sous Kabila

Pour étayer ses critiques, Augustin Kabuya a évoqué plusieurs assassinats de journalistes enregistrés pendant la présidence de Joseph Kabila. Il a notamment cité le cas de Bapua Muamba, tué avec son épouse à leur domicile le 8 juillet 2006, ainsi que celui de Franck Ngikie, assassiné avec son épouse Hélène le 3 novembre 2005, laissant derrière eux cinq orphelins.

Le SG de l’UDPS estime que ces drames constituent une partie du bilan de l’ancien régime et disqualifient, à ses yeux, Joseph Kabila pour donner des leçons en matière de protection des droits humains.

« Il n’est pas un modèle pour parler des droits de l’homme », a-t-il insisté.

Augustin Kabuya a également rappelé l’opération « Likofi », menée contre les délinquants communément appelés kulunas à Kinshasa. Il a évoqué un bilan qu’il estime lourd, faisant état d’une cinquantaine de jeunes tués et de 33 autres portés disparus. Il a aussi dénoncé les violences enregistrées entre 2015 et 2016, sous le régime de Joseph Kabila.

Félix Tshisekedi opposé au bilan de son prédécesseur

Dans sa réplique, Augustin Kabuya a opposé la gouvernance de Félix Tshisekedi à celle de Joseph Kabila. Il a soutenu que des jeunes autrefois considérés comme des délinquants sont aujourd’hui mobilisés dans des initiatives présentées par le pouvoir actuel comme des actions de construction nationale.

« Les mêmes jeunes qu’il avait envoyés à la mort servent aujourd’hui le pays avec Félix Tshisekedi. Ils sont appelés aujourd’hui bâtisseurs », a-t-il affirmé.

Le secrétaire général de l’UDPS a ainsi défendu le bilan du président Félix Tshisekedi, estimant que ce dernier a apporté une autre approche de la gestion du pays. 

Au-delà des accusations liées aux droits humains, Augustin Kabuya a mis en doute les motivations politiques de l’ancien président, affirmant que celui-ci chercherait à faire parler de lui pour préserver son existence sur la scène politique congolaise.

« Pour son existence politique, il doit faire des bruits », a-t-il déclaré, avant de minimiser la portée des récentes déclarations de Joseph Kabila.

« Son discours est un non-événement parce que nous savons ce qu’il a fait dans son régime. Il n’est pas un modèle », a conclu Augustin Kabuya.

Cette sortie illustre la persistance des tensions entre le camp présidentiel et l’ancien chef de l’État. Elle remet également au centre du débat politique la question du bilan des gouvernances successives en matière de droits humains, de liberté de la presse et de sécurité des citoyens en RDC. Joseph Kabila s'est montré, vendredi, très critique envers le régime de Kinshasa qui, selon lui, n'écoute pas ER veut faire le forcing avec des initiatives suicidaires dont celle qui vise le changement de la Constitution. 

José Mukendi