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RGPH2: « Tous les Congolais, partout où ils se trouvent, seront atteints », rassure le gouvernement malgré notamment les défis sécuritaires

Guylain Nyembo et Patrick Muyaya

Le gouvernement entend amorcer le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), un exercice véritablement national, y compris dans les zones confrontées à l’insécurité et dans les territoires affectés par les déplacements de populations. Lors du briefing de presse lundi 28 septembre autour du thème « RGPH2, 42 ans après : où en est-on avec la préparation du recensement et comment la population peut-elle y contribuer ? », la question de la couverture des zones touchées par les activités des groupes armés ADF, CODECO et CRP, ainsi que des zones sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23, a été soulevée.

Interpellé sur la possibilité de réaliser un recensement réellement national dans ces conditions, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya a assuré que les contraintes sécuritaires ne remettraient pas en cause l’ambition de couvrir l’ensemble de la population congolaise. 

« Cet exercice concerne les Congolais partout où ils se trouvent. Les Congolais de Goma et de Bukavu sont concernés par ce processus. Il ne faut pas laisser sous-entendre que certains, du fait [de la situation sécuritaire], ne seraient pas concernés. Non, pas du tout. Les Congolais qui sont à Goma et à Bukavu sont pleinement Congolais. Ce n’est pas l’occupation du Rwanda et de ses supplétifs qui va nous empêcher de déployer notre cartographie », a déclaré Patrick Muyaya.

Des données pour mieux planifier le développement

Pour le gouvernement, le RGPH2 s’inscrit ainsi dans une démarche plus large de connaissance des réalités démographiques, sociales et territoriales de la République démocratique du Congo. Patrick Muyaya a évoqué la nécessité de disposer de données permettant de mieux comprendre les besoins du pays et d’améliorer la planification de son développement.

« Changer le narratif signifie comprendre les problèmes, mais aussi apporter des solutions. Il faut considérer que nous sommes dans un élan d’État. Cela n’a rien à voir avec un quelconque calcul politicien ».

Les opérations préparatoires se poursuivent

Le ministre a par ailleurs indiqué que certaines opérations préparatoires avaient déjà été engagées. La prise en compte des personnes déplacées, notamment celles vivant dans des camps, fait partie des enjeux importants du recensement, a martelé M. Muyaya. 

Le gouvernement affirme néanmoins vouloir poursuivre les opérations de cartographie et les autres travaux préparatoires afin de permettre le déploiement du processus dans les différentes parties du territoire.

« Des opérations ont déjà commencé et elles vont continuer parce qu’il s’agit d’avoir des données qui nous permettront de mieux développer notre pays ou d’en comprendre, tout au moins, les sensibilités », a précisé Muyaya.

Le financement du RGPH-2 était l’un des principaux défis auxquels le gouvernement congolais devait faire face. Évalué à 192 millions de dollars américains, le coût global de l’opération nécessitait encore la mobilisation de ressources supplémentaires auprès des partenaires techniques et financiers afin de couvrir le déficit budgétaire.

Pour répondre à cet enjeu, le gouvernement de la République démocratique du Congo et ses partenaires avaient envisagé la création d’un « Basket Fund », un mécanisme permettant de centraliser les différentes contributions dans un fonds commun, exclusivement destiné au financement des activités liées au RGPH-2.

La RDC ambitionne ainsi de concrétiser, plus de quatre décennies après le dernier recensement réalisé en 1984, un nouveau recensement général de sa population. La réalisation de cette opération s’inscrit également dans les engagements pris par Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême

Clément MUAMBA