Près de huit femmes candidates sur dix aux élections locales en République démocratique du Congo ont été confrontées à des violences pendant la campagne électorale en 2025, selon un rapport d’ONU Femmes et du Département des affaires économiques et sociales des Nations unies.
Avec un taux de 79%, la RDC présente le niveau le plus élevé parmi les quatre pays pour lesquels le document publie des données sur les candidates aux scrutins locaux.
Elle devance la Colombie, où 77% des candidates ont subi des violences, la Côte d’Ivoire, avec 57%, et le Kirghizistan, avec 40%.
Les violences recensées peuvent être de nature psychologique, sexuelle, économique ou physique, précise le rapport intitulé The Gender Snapshot 2026. Elles peuvent se produire pendant les campagnes électorales et viser à dissuader les femmes de se présenter ou de poursuivre leur engagement politique.
À l’échelle des 13 pays étudiés, huit candidates sur dix aux élections parlementaires et six sur dix aux élections locales ont subi au moins une forme de violence pendant leur campagne.
Les femmes déjà élues restent également exposées. La moitié des membres féminins des gouvernements locaux interrogées dans les pays couverts par l’étude déclarent avoir subi des violences pendant l’exercice de leurs fonctions.
ONU Femmes considère ces violences comme l’un des obstacles structurels à la participation politique des femmes, au même titre que l’inégalité d’accès aux financements électoraux, les normes sociales discriminatoires et les biais dans les systèmes de désignation.
Selon le document, le coût d’une campagne électorale peut, dans certains pays, dépasser cent fois le revenu annuel moyen par habitant, ce qui pénalise particulièrement les femmes et les personnes issues des milieux défavorisés.
L’organisation souligne par ailleurs que les quotas électoraux peuvent accélérer la représentation féminine. Dans les pays disposant de quotas considérés comme solides, les femmes occupent en moyenne 39,5 % des sièges dans les chambres basses ou uniques des Parlements, contre 23,4 % dans les pays sans quota.
Le rapport ne précise toutefois ni le nombre de candidates interrogées en RDC, ni la répartition des violences entre les catégories psychologiques, sexuelles, économiques et physiques. La méthodologie détaillée et l’étude source sont annoncées comme devant être publiées ultérieurement par ONU Femmes.