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À l’ONU, Judith Suminwa propose un cadre mondial pour une gouvernance minière transparente et des chaînes de valeur responsables 

Judith Suminwa

La Première ministre de la République démocratique du Congo Judith Suminwa Tuluka, représentant le président de la République, Félix Tshisekedi s’est exprimée mercredi 23 septembre à la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, tenue à New York, aux États-Unis d’Amérique, autour du thème : « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ».

La cheffe du gouvernement congolais a présenté les différentes mesures engagées par la RDC pour moderniser la gouvernance de son secteur minier, lutter contre la fraude et le travail des enfants, mais aussi renforcer la traçabilité des minerais et accroître la part de valeur créée sur le territoire congolais.

Selon elle, la RDC entend poursuivre la modernisation de la gouvernance minière à travers plusieurs réformes visant à améliorer la gestion de ce secteur stratégique pour le pays.

« La RDC poursuit la modernisation de la gouvernance minière par la transparence des contrats, des revenus extractifs et des bénéficiaires effectifs, le renforcement du cadastre minier, le déploiement de mécanismes de traçabilité et la lutte contre la fraude. Elle accélère également la formalisation de l’exploitation artisanale, l’encadrement des négociants, l’organisation des coopératives et la sécurisation des zones d’exploitation », a déclaré Judith Suminwa Tuluka. 

La question du travail des enfants dans les mines a occupé une place particulière dans le discours de la Première ministre. Judith Suminwa a présenté la lutte contre ce phénomène comme une responsabilité à la fois morale et nationale, en annonçant le renforcement des mécanismes destinés à identifier, suivre et accompagner les enfants concernés.

La RDC entend notamment travailler avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’UNICEF et d’autres partenaires afin de renforcer la formation des inspecteurs, de favoriser la scolarisation des enfants et de proposer des solutions économiques aux familles concernées.

« La lutte contre le travail des enfants dans les mines constitue, à cet égard, une obligation morale et nationale. Avec l’Organisation internationale du Travail, l’UNICEF et nos autres partenaires, nous renforçons les mécanismes d’identification, de suivi et de remédiation, la formation des inspecteurs, la scolarisation des enfants et les solutions économiques proposées à leurs familles. Notre objectif ne souffre d’aucune ambiguïté : zéro enfant dans les mines », a-t-elle affirmé. 

Pour la cheffe du gouvernement, cette responsabilité ne peut toutefois pas reposer uniquement sur l’État congolais. Elle concerne également l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de valeur des minerais, depuis leur extraction jusqu’à leur utilisation par les consommateurs.

Au-delà des réformes nationales, Judith Suminwa a annoncé que la RDC entend également porter une proposition à l’échelle internationale. La RDC souhaite l’élaboration, sous l’égide des Nations Unies et en partenariat avec l’Union africaine, d’un cadre mondial destiné à encadrer les chaînes de valeur des minerais critiques.

Cette initiative devrait associer les pays producteurs, transformateurs et consommateurs et viser à promouvoir des chaînes d’approvisionnement plus justes, traçables et résilientes.

« Cette responsabilité incombe à l’État congolais. Mais elle engage également les entreprises, les négociants, les raffineurs, les fabricants, les institutions financières et les marchés de destination. Le premier test d’une chaîne responsable n’est pas le véhicule électrique à l’arrivée ; c’est l’enfant qui ne descend plus dans la mine au départ. C’est pourquoi la République démocratique du Congo propose l’élaboration, sous l’égide des Nations unies, en partenariat avec l’Union africaine et en concertation avec les pays producteurs, transformateurs et consommateurs, d’un Cadre mondial pour des chaînes de valeur des minerais critiques justes, traçables et résilientes », a déclaré la Première ministre. 

Selon elle, ce cadre devrait être fondé sur la souveraineté des États producteurs et garantir plusieurs principes : la traçabilité des minerais, la responsabilité des acteurs économiques, la protection des travailleurs et des communautés, ainsi qu’un partage plus équitable de la valeur à travers la transformation locale et le transfert de technologies.

« Fondé sur la souveraineté des États producteurs, il devra garantir la traçabilité des minerais, la responsabilité des acteurs économiques, la protection des travailleurs et des communautés, ainsi qu’un partage plus équitable de la valeur grâce à la transformation locale et au transfert de technologies », a ajouté Judith Suminwa. 

Dans un autre registre, la cheffe du gouvernement a présenté le Corridor de Lobito comme une infrastructure au service de l’industrialisation régionale. La RDC salue l’engagement de l’Angola, de la Zambie, des États-Unis d’Amérique, de l’Union européenne, de la Banque africaine de développement, des institutions financières et du secteur privé en faveur de la réalisation de ce corridor.

« Le Corridor de Lobito doit devenir l’un des instruments de cette ambition. Nous saluons l’engagement de l’Angola, de la Zambie, des États-Unis d’Amérique, de l’Union européenne, de la Banque africaine de développement, des institutions financières et du secteur privé en faveur de sa réalisation. La réhabilitation des liaisons ferroviaires, la modernisation des infrastructures, la facilitation des échanges et les investissements énergétiques peuvent désenclaver nos territoires, réduire les coûts logistiques et stimuler le commerce régional » a expliqué Judith Suminwa dans son discours 

Mais la vision congolaise ne se limite pas au transport des minerais vers les marchés internationaux. Selon la Première ministre, la RDC souhaite faire du Corridor de Lobito un véritable instrument d’industrialisation régionale, en favorisant les investissements et les partenariats autour de la transformation des matières premières, des infrastructures et de l’énergie.

« Mais notre vision va bien au-delà de l’exportation accélérée des matières premières. Un corridor qui raccourcirait seulement le chemin de la mine au port ne ferait que reproduire le passé. Le Corridor de Lobito doit devenir une véritable colonne vertébrale de l’industrialisation régionale avec le concours des investisseurs avec qui nous espérons bâtir des partenariats transparents, durables et mutuellement avantageux pour le bien-être de nos générations futures », a affirmé la Première ministre Judith Suminwa. 

Cette position s’inscrit dans une ligne déjà défendue par la République démocratique du Congo sur la scène internationale. À l’initiative de la RDC, alors présidente du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de juillet, une réunion en formule Arria a notamment été consacrée à l’évaluation du déficit normatif en matière de ressources naturelles et de paix.

À cette occasion, la République démocratique du Congo, par l’intermédiaire de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de la diaspora, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait plaidé pour une approche internationale plus cohérente afin d’empêcher que les ressources naturelles ne continuent d’alimenter les conflits et les guerres.

Clément MUAMBA


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