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Ebola : la RDC bénéficie de 11 millions USD sur les 13 millions mobilisés par la BAD pour la riposte régionale

Santé/Bunia/Ph.OMS

Le Groupe de la Banque africaine de développement a accordé un don de 13 millions de dollars américains destiné à soutenir la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE-B) et à renforcer les mesures de prévention de sa propagation en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et en Ouganda. Cet appui intervient deux mois après la déclaration officielle de l’épidémie en RDC, alors que la riposte fait face à d’importants défis, avec la province de l’Ituri comme épicentre de la maladie.

Selon un communiqué du Groupe de la Banque africaine de développement parvenu à ACTUALITE.CD, cette enveloppe comprend un don de 10 millions de dollars provenant d’une reprogrammation des ressources du portefeuille de la République démocratique du Congo, qui sera mis en œuvre à travers l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un second financement de 3 millions de dollars, issu du Projet d’aide d’urgence multi-pays (RDC, Ouganda et Soudan du Sud), sera déployé dans les trois pays bénéficiaires par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique).

« La République démocratique du Congo, où se situe l’épicentre de l’épidémie, bénéficiera au total d’un financement de 11 millions de dollars, incluant les 10 millions issus du portefeuille pays et un million provenant du projet d’urgence régional. L’Ouganda et le Soudan du Sud recevront chacun un million de dollars du même projet », précise le Groupe de la Banque africaine de développement.

D’après le même document, ce financement, qui s’inscrit dans le cadre du Plan de riposte à l’épidémie de maladie à virus Ebola, vise à interrompre la propagation du virus et à réduire la mortalité et la morbidité liées à l’épidémie dans les zones les plus touchées et les plus vulnérables.

« Cet appui d’urgence traduit l’engagement du Groupe de la Banque africaine de développement à accompagner la République démocratique du Congo ainsi que les pays de la région dans la protection des vies humaines, le renforcement de la résilience des systèmes de santé et la prévention d’une propagation de l’épidémie », a déclaré Mohamed Cherif, directeur général adjoint du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale et responsable du bureau pays en RDC.

Cet appui permettra notamment de renforcer le diagnostic précoce des cas, la surveillance épidémiologique, l’engagement communautaire, la sensibilisation des populations ainsi que la coordination régionale. L’assistance sera mise en œuvre en étroite collaboration avec les ministères de la Santé des pays bénéficiaires.

« À travers cet appui, le Groupe de la Banque réaffirme son principe de rester engagé en situation de crise dans les pays membres régionaux », a-t-il souligné.

Le 15 mai 2026, la République démocratique du Congo a annoncé une nouvelle flambée de maladie à virus Ebola, dont l’épicentre se situe dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays, touchant notamment les zones de Bunia, Rwampara et Mongwalu. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC.

La maladie s’est également propagée aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé l’épidémie et activé son deuxième niveau d’alerte d’urgence internationale, notamment en raison de cas de transmission enregistrés en Ouganda. Cette nouvelle flambée est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante particulièrement virulente pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est disponible à ce jour.

Deux mois après le début de l’épidémie, l’évolution de la situation varie selon les pays touchés. Alors que l’Ouganda, qui a réussi à maîtriser la flambée sur son territoire, a entamé son compte à rebours vers la déclaration officielle de la fin de l’épidémie malgré les risques de contamination, la RDC reste confrontée à d’importants défis.

En RDC, la riposte, malgré l’expérience acquise lors des seize précédentes épidémies, est notamment perturbée par des mouvements de grève des prestataires et professionnels de santé réclamant une meilleure prise en charge de leurs revendications. À ces difficultés s’ajoutent des contraintes sécuritaires persistantes dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes de réponse, alors que l’épidémie continue de progresser

Clément MUAMBA