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Perquisitions chez les Tshisekedi en Belgique : un collectif de la diaspora se dit toujours indigné et interpelle les autorités belges

Félix Tshisekedi

Le feuilleton judiciaire marqué par des perquisitions de la justice belge visant des membres de l’entourage du chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, est loin de se terminer et continue de susciter des réactions dans l’environnement sociopolitique congolais. Un Collectif international de la diaspora congolaise (CIDC) et plusieurs structures associées dénoncent l’approche de la justice belge à la suite de cette action. 

Le collectif regroupant entre autres Moncongo ASBL (Benelux), la Ligue des Patriotes Congolais (Benelux), BANA CONGO ASBL (Luxembourg), LISANGA ASBL (Belgique), le Front Uni de la RDC (Benelux), Kongo YETO ASBL (Allemagne), l’ACOA (Association des Congolais d’Angleterre) et Les Congolais de Canada ASBL a fait part, dans une correspondance adressée jeudi 22 octobre au roi des Belges, au Premier ministre, aux ministres concernés, aux membres du Parlement fédéral belge ainsi qu’à l’ambassadrice de Belgique en RDC, de son « indignation et vive protestation » face à ce qu’il considère comme une approche judiciaire préoccupante.

« Parmi nous, de nombreux citoyens belges d’origine congolaise, ayant conservé des liens profonds et des attaches vives avec leur pays d’origine, observent la réaction des institutions judiciaires belges avec un mélange d’incompréhension et d’affliction. La République démocratique du Congo (RDC) traverse actuellement l’un des moments les plus critiques, douloureux et inédits de son histoire contemporaine. Le peuple congolais fait face, dans sa chair, à une guerre d’agression injuste et meurtrière menée par le Rwanda par l’entremise de mouvements terroristes qui occupent illégalement des territoires de la RDC, en violation flagrante du droit international et de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies », peut-on lire dans la correspondance. 

Pour appuyer leur argumentaire, ces organisations notent que ce tableau, qu’elles présentent comme « dramatique » vient de franchir un seuil de gravité sans précédent : un ancien président de la République Joseph Kabila ayant eu la charge suprême de diriger la RDC pendant 18 ans, a publiquement choisi de prendre les armes contre la patrie qu’il a gouvernée, en apportant son soutien officiel à cette agression rwandaise. Une allusion à la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda et qui contrôle de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC et qui vient de se transformer en Front pour la refondation de la nation (FRN).

« Face à cette trahison et au péril humanitaire et sécuritaire qui en découle, l’heure est à l’unité nationale, à la cohésion et à la mobilisation générale pour défendre l’intégrité territoriale de notre patrie. C’est dans ce contexte particulièrement inflammable, pile deux jours après l’annonce officielle du mouvement rebelle de Joseph Kabila, que la justice belge choisit de mener des procédures et des perquisitions hautement médiatisées sur le territoire belge. L’approche, les méthodes et le timing de ces interventions posent de sérieuses questions de neutralité », dit le collectif. 

Par ailleurs, ces organisations rappellent que la diaspora congolaise, constate avec amertume que la démarche actuelle des autorités judiciaires belges produit plusieurs effets négatifs. Elles évoquent, en premier lieu, un affaiblissement de la cohésion nationale. Selon elles, ces initiatives instillent le doute et la division au sein de la communauté congolaise, affaiblissant ainsi le front commun contre l’agresseur rwandais.

En même temps, ces organisations relèvent ce qu’elles considèrent comme une instrumentalisation politique involontaire, alors que selon elles , la Belgique, de par son histoire commune avec la RDC, devrait se positionner en partenaire stratégique majeur pour la paix et la stabilité.

« Les structures de la diaspora congolaise en appellent donc à une prise de conscience urgente des autorités belges sur les conséquences politiques, diplomatiques et sécuritaires de ces procédures. Nous demandons le strict respect de la souveraineté du peuple congolais et exigeons que la justice ne devienne pas, par son calendrier ou ses méthodes, un outil de fragilisation d’un État déjà confronté à de graves agressions extérieures ».

Alors que la diaspora congolaise y voit une main noire dans un contexte sécuritaire préoccupant dans l’Est de la RDC et de réchauffement des relations diplomatiques entre Kigali et Bruxelles, les relations bilatérales entre Kinshasa et Bruxelles restent, quant à elles, correctes et bien établies depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a fermement rejeté tout lien entre les récentes perquisitions menées en Belgique dans le cadre d’une procédure judiciaire visant des membres de l’entourage du président congolais. Devant la Chambre des représentants de Belgique, mercredi 21 octobre, Maxime Prévot a dénoncé une campagne de désinformation susceptible de fragiliser les relations bilatérales entre les deux pays et affirmé que cette démarche judiciaire n’était soumise à aucune influence politique du gouvernement belge.

Ces différentes sorties médiatiques et réactions interviennent à la suite des perquisitions menées en Belgique contre des membres de l’entourage de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, soupçonnés de plusieurs faits présumés, notamment de détournement de fonds et de blanchiment de capitaux. Du côté de l’UDPS, la famille politique de Félix Tshisekedi rejette ces accusations et considère cette démarche comme une campagne de déstabilisation visant le chef de l’État, menée, selon elle, en complicité avec Kigali, certains opposants congolais et certains responsables officiels belges

Clément MUAMBA