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RDC-Agriculture : Muhindo Nzangi affirme que 1 107 jeunes ont bénéficié d’un financement grâce aux 17 millions USD logés à la BCC

Nzangi plante le cacao

Le Projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business (PEJAB), financé à hauteur de 57 millions USD par la Banque africaine de développement (BAD) et piloté par le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, est au cœur des débats à l’Assemblée nationale. Son exécution suscite des interrogations, alors que le ministre Muhindo Nzangi Butondo fait l’objet d’une motion de défiance annoncée pour des soupçons de détournement de fonds.

Répondant à la question orale avec débat de la députée nationale Hermione Bolumbe, qui exigeait notamment des éclaircissements sur l’évolution du projet, le nombre de jeunes formés et financés, les entreprises créées ainsi que la contribution de l’État congolais estimée à un million de dollars américains, le ministre est revenu sur la situation qu’il a trouvée à son arrivée à la tête du ministère, en août 2025, soit 4 mois avant la fin du projet, et sur les mesures prises pour relancer le programme.

M. Nzangi a expliqué qu’après sept années d’exécution, seules 11 entreprises avaient été créées sur les 1 200 attendues à la clôture du projet. Cette situation serait notamment liée aux contre performances d’un partenariat avec une grande institution bancaire locale, qui n’aurait décaissé que 68 000 USD sur les 3 millions convenus. Le ministre a également évoqué le retard du premier décaissement du bailleur, initialement prévu en 2017 mais intervenu en 2018, ainsi que le remplacement de trois coordonnateurs pour insuffisance de résultats.

1 107 jeunes financés, selon le ministre

Pour redresser la situation, Muhindo Nzangi a indiqué avoir privilégié le recours aux institutions de microfinance, à la suite de la formalisation d’un accord de 17 millions USD entre la BAD et la Banque centrale du Congo (BCC).

Selon les chiffres présentés devant les députés nationaux, cette stratégie a permis de former 3 174 jeunes sur les 3 600 attendus et de financer 1 107 jeunes sur un objectif de 1 200. Les bénéficiaires sont répartis entre Kinshasa, Kamina, Kisangani, Lubumbashi, Kikwit et le Kongo Central.

« Certains ont été formés dans l’agriculture, les cultures vivrières et pérennes, la pisciculture et l’élevage », a-t-il précisé.

Alors que le PEJAB est arrivé à échéance le 31 décembre 2025, le ministre a assuré que les jeunes dont les projets n’ont pas encore bénéficié d’un financement ne seraient pas abandonnés. Selon lui, leurs dossiers sont toujours en cours de traitement auprès des institutions de microfinance. Il a également indiqué que 8 millions USD demeuraient encore à la BCC, en attente de transfert vers ces institutions.

« Ceci représente huit millions de dollars américains qui se retrouvent encore au niveau de la Banque centrale du Congo et qui attendent d’être transférés aux institutions de microfinance », a-t-il déclaré.

Pour assurer le suivi des opérations après la clôture du projet, Muhindo Nzangi a annoncé la mise en place d’une cellule post-PEJAB. Celle-ci sera chargée de suivre le circuit des financements entre les jeunes entrepreneurs, les institutions de microfinance et la Banque centrale du Congo.

Motion de défiance

Le ministre a par ailleurs affirmé que 1 107 entreprises de jeunes avaient été créées, générant autant d’emplois dans les provinces pilotes du projet. Il a notamment cité 97 entreprises à Kinshasa, 185 au Kongo Central et 325 dans le Haut-Katanga, saluant les efforts du gouvernement, de la BCC et des partenaires impliqués dans la mise en œuvre du programme, en dépit des défis notamment « opérationnels ».

Malgré ces résultats revendiqués, les explications du ministre n’ont pas convaincu Hermione Bolumbe. La députée nationale a annoncé le dépôt, « dans les prochaines heures », d’une motion de défiance contre Muhindo Nzangi, affirmant vouloir faire de cette démarche un exemple pour d’autres membres du gouvernement.

Cette controverse intervient dans un contexte marqué par des protestations de jeunes agripreneurs. En octobre 2024, des manifestations avaient été organisées devant le Parlement et le cabinet du ministre de l’Agriculture, Nzangi n’était pas encore à ce portefeuille. Les manifestants accusaient alors les responsables du PEJAB de détournement de fonds destinés au financement de leurs projets.

Dans un communiqué publié le 4 octobre 2024, le ministère de l’Agriculture avait défendu le ministre d’État de l’époque, Grégoire Mutshail Mutomb, ainsi que le coordonnateur national du PEJAB, Richard Kialungila. Le document soutenait que ces derniers n’avaient joué aucun rôle dans le décaissement des fonds publics destinés aux jeunes agripreneurs.

Samyr LUKOMBO