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RDC : « On ne peut plus parler de paix sans parler de climat, ni de climat sans parler des femmes », déclaration des participants au lancement du programme REACT

Lancement REACT

Réunis à Kinshasa les 6 et 7 octobre 2026, les participants à l’atelier national de lancement du programme REACT ont adopté la Déclaration de Kinshasa, appelant à renforcer la participation des femmes à la consolidation de la paix, à la gouvernance environnementale et à la lutte contre le changement climatique en République démocratique du Congo (RDC).

Mis en œuvre par la Fondation Kvinna till Kvinna et la Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network), avec l’appui de l’Agence autrichienne de développement (ADA), le programme REACT (Recherche et action pour la participation des femmes à la consolidation de la paix environnementale et à la prévention du changement climatique) couvre la période 2026-2028.

Dans leur déclaration, les participants soulignent les liens entre le changement climatique, la dégradation de l’environnement, les inégalités de genre et les conflits armés, particulièrement dans l’Est du pays. Ils rappellent que les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux conséquences des catastrophes climatiques, de la déforestation et des conflits liés à l’accès aux ressources naturelles.

« La paix durable et la résilience climatique en RDC ne peuvent être atteintes sans l’intégration systémique des dimensions de genre, de paix, de sécurité et d’environnement », affirment-ils, appelant à une meilleure coordination entre les institutions publiques, la société civile, le secteur privé et les autorités coutumières.

La déclaration insiste également sur la nécessité de garantir « la participation significative des femmes, des jeunes et des peuples autochtones » aux décisions relatives à la gestion des ressources naturelles, à l’exploitation minière responsable, à la foresterie communautaire et à l’adaptation au changement climatique.

Les participants plaident par ailleurs pour le renforcement des mécanismes de prévention des violences basées sur le genre, notamment dans les communautés confrontées aux crises environnementales et climatiques.

Des financements climatiques plus accessibles aux femmes

La Déclaration appelle notamment à veiller à ce que les financements climatiques prennent en compte les besoins des femmes rurales et des populations marginalisées.

Prenant la parole à l’issue des travaux, Evelyne Ndipondjou Tiague, représentante pays de Kvinna till Kvinna, a encouragé les organisations participantes à poursuivre les actions de plaidoyer identifiées durant l’atelier.

« Un changement durable requiert la participation de chacun », a-t-elle déclaré, invitant les participants à utiliser leur voix, leur influence et leur expertise pour faire avancer les recommandations issues des échanges.

Elle évoque également la budgétisation climatique sensible au genre, l’accès direct des femmes aux financements verts, le renforcement du leadership féminin dans la gouvernance environnementale et la coordination des interventions des organisations de la société civile.

Elle recommande aussi d’intégrer pleinement le ministère du Genre dans les politiques climatiques et de rapprocher les stratégies nationales des réalités vécues par les communautés dans les provinces.

La sécurisation foncière et la protection des femmes au cœur des priorités

De son côté, le représentant de la ministre du Genre, Famille et Enfant a mis en avant trois priorités issues des travaux : la sécurisation foncière des femmes rurales, l’accès des femmes déplacées de Goma et de Bukavu aux financements climatiques, ainsi que la protection des femmes autochtones, considérées comme des actrices essentielles de la préservation du Bassin du Congo.

Il a également identifié plusieurs cadres de plaidoyer, notamment le Comité de pilotage du Plan d’action national de troisième génération relatif à la résolution 1325 des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, la révision de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) et la COP31.

« On ne peut plus parler de paix sans parler de climat, et on ne peut plus parler de climat sans parler des femmes », a-t-il souligné, résumant l’approche défendue au cours de l’atelier.

À travers cette déclaration, les participants s’engagent à élaborer une feuille de route commune pour traduire les recommandations en actions concrètes. L’objectif est de renforcer durablement le leadership des femmes dans la prévention des conflits, la gestion des ressources naturelles et la résilience climatique en RDC.

Divine Mbala