Alors que le pays fait face à des accusations croissantes de rétrécissement de l’espace politique et civique ainsi que de violations du droit de manifester, formulées notamment par l’opposition et certains partenaires de la République démocratique du Congo, Samuel Mbemba Kabuya, ministre des Droits humains a défendu l’action du gouvernement congolais en matière de promotion et de protection des droits humains. Il s’exprimait lors du dialogue interactif consacré à la situation en RDC, organisé dans le cadre de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève.
Le ministre a rejeté les accusations faisant état d’une politique gouvernementale visant à restreindre les libertés politiques ou à violer les droits humains. Il s’est notamment référé aux 560 condamnations mentionnées dans le rapport du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme pour illustrer, selon lui, la volonté des autorités congolaises de lutter contre l’impunité.
« Je voudrais ici souligner que le gouvernement congolais n’a pas une politique de restriction des libertés politiques ou de violation des droits de l’homme. Les cas isolés documentés sont poursuivis et condamnés. C’est le cas des 560 condamnations évoquées dans le rapport du Haut-Commissaire. Les dernières dénonciations de violations des droits de l’homme lors des dernières manifestations politiques font déjà l’objet d’enquêtes judiciaires », a affirmé, vendredi 2 octobre, Samuel Mbemba Kabuya, ministre des Droits humains.
D’après lui, le gouvernement poursuit ses efforts de promotion et de protection des droits de l’homme dans plusieurs domaines, notamment la lutte contre l’impunité, la consolidation de la mise en œuvre de la médecine légale et son intégration dans la politique criminelle, ainsi que l’implémentation de la justice transitionnelle.
Il a également cité la mise en œuvre des principes directeurs et des principes volontaires pour la protection des droits de l’homme dans les secteurs extractifs, la poursuite de la redynamisation des divisions provinciales des droits de l’homme ainsi que le renforcement des capacités des agents publics et des forces de défense et de sécurité en matière de droits de l’homme et de droit international humanitaire.
Remerciant le Conseil des droits de l’homme pour l’attention constante qu’il accorde à la situation des droits humains en RDC, le ministre des Droits humains a rappelé que la résolution 60/35, relative à l’assistance technique et au renforcement des capacités dans le domaine des droits de l’homme en République démocratique du Congo, constitue un cadre important de coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et l’ensemble des mécanismes internationaux des droits humains.
« S’agissant de l’assistance technique, la République démocratique du Congo souhaite qu’elle soit coordonnée et davantage orientée vers les besoins concrets de ses institutions internes. Par exemple, l’appui au processus d’implémentation de la justice transitionnelle, le renforcement des capacités en matière d’enquête médico-légale, d’identification des victimes, d’exhumation, de conservation des preuves et de gestion des dépouilles ».
Face à ces besoins, Samuel Mbemba Kabuya a lancé un appel aux partenaires internationaux afin qu’ils accompagnent la formation de spécialistes congolais. Pour le ministre, cette orientation s’inscrit directement dans les engagements pris dans le cadre de la résolution 60/35.
« À cet égard, je lance un appel à nos partenaires pour accompagner la formation d’une nouvelle génération de médecins légistes et de spécialistes congolais. Cette orientation correspond à l’un des engagements précis de la résolution 60/35 » a affirmé Samuel Mbemba Kabuya lors de son intervention.
Cette ligne de défense du gouvernement intervient dans un contexte où les autorités de la République démocratique du Congo sont confrontées sur le plan interne aux manifestations organisées par la coalition C64. Cette organisation socio-politique réclame notamment le respect de la Constitution, l’ouverture d’un dialogue national inclusif ainsi que le respect de l’ordre constitutionnel. Selon l’opposition, ces manifestations ont été réprimées par les forces de l’ordre, avec la complicité présumée de membres de la Force du progrès, une structure proche du pouvoir. Ces accusations sont contestées par les autorités.
Face à cette situation, la coalition C64 demande que les responsabilités soient établies et réclame des poursuites contre les personnes qu’elle accuse d’avoir participé à la répression des manifestations. Elle demande également la mise en place d’une enquête internationale indépendante afin d’établir les circonstances dans lesquelles les violences se seraient produites et d’en identifier les responsables. Lors de la dernière manifestation, un membre de l’opposition a trouvé la mort. L’opposition attribue ce décès à la répression exercée par les forces proches du pouvoir, tandis que les autorités contestent cette version des faits.
Clément MUAMBA