La situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure préoccupante, avec plusieurs foyers d’insécurité qui continuent de menacer la protection et la sécurité des populations civiles, alors que l’attention internationale reste largement concentrée sur le conflit impliquant l’AFC/M23, avec l’appui du Rwanda. C’est ce qu’a indiqué James Christopher Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO lors du récent briefing trimestriel du Conseil de sécurité consacré à la situation en RDC.
Au cours de cette session, qui s’est tenue mardi 29 septembre, James Swan a notamment attiré l’attention du Conseil de sécurité sur la persistance de l’insécurité en Ituri, où la situation reste fragile, particulièrement aux abords des sites de déplacés, le long des corridors économiques et dans les zones agricoles.
Le chef de la MONUSCO a ensuite évoqué l’activisme des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, notamment dans le territoire de Mambasa et le long de la frontière entre l’Ituri et le Nord-Kivu. Selon James Christopher Swan, les ADF ont intensifié leurs activités dans ces zones, notamment en ciblant des sites miniers.
« Alors que l’attention reste largement concentrée sur le conflit impliquant l’AFC/M23, avec l’appui du Rwanda, d’autres foyers d’insécurité continuent de menacer la protection et la sécurité des populations civiles dans l’est du pays. En Ituri, la situation demeure fragile, en particulier aux abords des sites de déplacés, le long des corridors économiques et dans les zones agricoles. Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique, ont intensifié leurs activités dans le territoire de Mambasa ainsi que le long de la frontière entre l’Ituri et le Nord-Kivu, notamment en ciblant des sites miniers », a alerté le chef de la MONUSCO.
Pour illustrer la gravité des exactions des ADF, le chef de la MONUSCO a révélé que ce groupe, qualifié de terroriste, opère désormais dans d’autres provinces où la Mission n’a reçu aucun mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment dans la province du Haut-Uélé.
« Les ADF continuent de mener des attaques meurtrières contre les civils et de recourir largement aux enlèvements, y compris jusque dans le Haut-Uélé, au-delà de la zone de responsabilité accordée à la MONUSCO conformément à son mandat », a-t-il ajouté.
Face à cette situation, la MONUSCO affirme avoir renforcé ses dispositifs de sécurité aux côtés des autorités congolaises dans les zones considérées comme les plus exposées aux attaques des ADF.
En dehors de l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23 et de l’activisme des groupes armés locaux dans l’Est de la République démocratique du Congo, la RDC reste également confrontée aux attaques des ADF dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, précisément dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa.
Ces combattants, qui ont fait allégeance à l’État islamique (EI), tuent des civils depuis plus de dix ans. La violence ne faiblit pas et le groupe vient d’élargir sa zone d’opérations à la province du Haut-Uélé, en dépit de l’existence de l’état de siège, en vigueur depuis mai 2021 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, soit depuis plus de cinq ans.
À cela s’ajoutent les opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise, menées depuis mai 2021 dans le cadre de l’opération Shujaa, qui, jusqu’à ce jour, semblent également produire des résultats limités sur le terrain. Si les dirigeants des deux pays ont toujours fait état de résultats encourageants, les organisations de la société civile et les élus de cette partie du pays se sont, pour leur part, toujours montrés critiques à l’égard de ces opérations et de l’état de siège
Clément MUAMBA