Au moins 98 personnes sont mortes dans des accidents de transport fluvial et lacustre en RDC depuis janvier, selon un décompte établi par ACTUALITE.CD. Quinze incidents ont été recensés dans huit provinces, avec des bilans souvent provisoires et de nombreux passagers toujours portés disparus.
Ce recensement comprend douze naufrages, un accident lors d’une traversée par bac et deux incendies de baleinières. Il ne constitue pas un bilan national exhaustif : notre enquête signale des morts ou des disparus sans en préciser le nombre.
Le dernier accident recensé est une collision sur le fleuve Congo, dans le territoire de Lukolela, en Équateur. La baleinière H/B Victoire, qui transportait 163 passagers, a sombré après avoir heurté une autre embarcation motorisée dans la nuit du vendredi au samedi précédant la publication du bilan. Au 6 octobre, 26 corps avaient été retrouvés, 82 personnes restaient portées disparues et 55 passagers avaient été secourus. Les circonstances exactes de la collision restaient à établir.
Avec cinq incidents, la Tshopo concentre le plus grand nombre d’événements retrouvés dans ce corpus. Trois naufrages y ont été rapportés, à Kisangani, sur la rivière Aruwimi à Banalia et près de Yakusu, ainsi que deux incendies d’embarcations dans les ports de Kisangani. Le naufrage près de Yakusu a fait quatre morts et 31 rescapés. L’incendie du port ONATRA, en juillet, a grièvement brûlé cinq membres d’une même famille.
L’Équateur, le Sud-Kivu et le Tanganyika comptent chacun deux accidents recensés. Le Kwilu, le Kasaï, la Maï-Ndombe et la Lomami en comptent chacun un. Sur le lac Tanganyika, un naufrage près de Kalemie a fait 22 morts le 13 avril. Le ministère des Transports avait évoqué des vents violents conjugués à une surcharge. Le 23 septembre, le bateau MJP, reliant Kigoma, en Tanzanie, à Kalemie, a sombré au large de Kabimba : 41 passagers étaient portés disparus et 43 avaient survécu, selon le gouvernement provincial.
Dans la Maï-Ndombe, une baleinière transportant 201 passagers a fait naufrage sur la rivière Kasaï le 26 août. Après une panne de son unique moteur, elle avait dérivé avant de heurter un rocher. Seize personnes sont mortes et 185 ont été secourues. À Bagata, dans le Kwilu, un autre naufrage avait fait au moins onze morts fin mai, après un choc contre une pierre au confluent des rivières Kwilu et Inzia.
Sur le lac Kivu, une dizaine de personnes ont été signalées disparues après un naufrage à Kalehe en avril. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, au moins douze corps ont été repêchés après un autre naufrage à Idjwi. Le nombre exact de passagers de cette dernière embarcation restait inconnu.
Les circonstances rapportées font apparaître des collisions, des pannes de moteur, des chocs contre des obstacles et des épisodes de vent ou de vagues. La surcharge est également évoquée dans plusieurs accidents, mais son rôle n’est pas systématiquement établi par une enquête.
Les secours se heurtent parfois au manque d’équipements. À Banalia, le naufrage est survenu alors que le bac habituel était en panne depuis plusieurs mois. À Ilebo, où une baleinière transportant plus de 250 passagers a chaviré début juillet, aucun bilan officiel chiffré n’était disponible dans l’article retrouvé.
Le décompte de 98 morts retient les décès chiffrés dans les naufrages et les six corps retrouvés après l’accident du bac Kalelu, en Lomami. Pour ce dernier drame, les autorités ont annoncé huit morts, tout en précisant que deux corps restaient introuvables, ce qui porte à 100 le nombre de décès annoncés dans l’ensemble du corpus. Ces deux victimes ne sont pas ajoutées une seconde fois aux disparus.