Dans l’est de la RDC, Ebola bouleverse aussi la vie des enfants qui perdent un parent ou doivent en être séparés. Plus de mille neuf cents ont été recensés en Ituri et au Nord-Kivu, selon un nouveau rapport publié aujourd’hui par l’UNICEF. Un bilan probablement sous-estimé, prévient l’agence, qui demande des financements urgents. Comment protéger ces enfants pendant les soins, mais aussi après ?
À Bunia, Lina, un bébé de sept mois, a survécu à Ebola. Sa mère, elle, est morte. La responsable des opérations d’urgence de l’UNICEF raconte l’avoir rencontrée lors de sa visite. Le prénom a été modifié pour protéger l’enfant. Son histoire montre ce qui se joue au-delà des soins. Quand un parent est hospitalisé ou décède, la peur de la contagion peut dissuader les proches de prendre le relais.
Au 28 septembre, mille cinq cent quatre-vingt-un enfants étaient recensés en Ituri, et trois cent vingt-deux au Nord-Kivu : orphelins d’un parent ou des deux, ou séparés de leurs parents ou tuteurs. Ce décompte couvre seulement les zones où l’UNICEF travaille avec les services sociaux provinciaux.
L’agence soutient douze crèches près des centres de traitement. Elles accueillent notamment les petits dont les parents sont soignés et permettent de surveiller l’apparition de symptômes. L’UNICEF en demande une dans chaque centre.
Il faut aussi rechercher les familles et organiser l’accueil des enfants. Mais, pour sa réponse en RDC, l’agence n’a mobilisé que quarante millions de dollars sur les cent treize millions nécessaires.