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Le Rwanda met en doute les vérifications de la MONUSCO sur les ex-combattants FDLR

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a accusé la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) d'avoir rapatrié au Rwanda des civils congolais présentés comme d'anciens combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), mettant en cause le processus de vérification conduit dans le cadre du programme onusien de désarmement.

Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de la diplomatie rwandaise affirme que « depuis le mois d'octobre de l'année passée, 81 personnes rapatriées par la MONUSCO, en tant qu'ex-combattants FDLR, se sont plus tard révélées être des civils congolais de père et de mère, sans aucune origine rwandaise, et sans aucun antécédent dans des groupes armés ».

Selon lui, le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) a été invité à examiner ces cas. Il affirme également que 69 de ces personnes ont déclaré, lors d'entretiens, avoir accepté de se présenter comme d'anciens combattants des FDLR « sous promesse de bénéfices » accordés aux ex-combattants rapatriés par le centre rwandais de démobilisation de Mutobo.

« Dans ce processus de désarmement et de démobilisation des ex-combattants, le professionnalisme, la rigueur et la probité des agents DDR de la MONUSCO doivent être des valeurs cardinales », écrit M. Nduhungirehe.

Ces accusations interviennent au lendemain du retour en RDC de 39 personnes que la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC) présente comme des ressortissants congolais « s'étant faussement identifiés comme d'anciens combattants FDLR ». Selon l'organisme rwandais, un processus de vérification a conclu qu'ils ne remplissaient pas les critères d'éligibilité au programme de démobilisation.

La MONUSCO a confirmé le retour de ces 39 personnes, tout en précisant qu'elle « n'était pas présente » lors de leur transfert vers la RDC et qu'elle « n'a été impliquée à aucun titre » dans cette opération.

La mission des Nations unies rappelle que, dans le cadre de son programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR), elle procède, avant tout rapatriement vers le Rwanda, à un processus de vérification en plusieurs étapes afin d'évaluer l'éligibilité des personnes concernées. Seuls les dossiers jugés recevables sont ensuite transmis à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), chargée de les examiner et de donner son approbation finale avant le départ des personnes depuis la RDC.

La MONUSCO affirme demeurer attachée à « l'indépendance, l'intégrité et la transparence » de ce processus.

Ces accusations interviennent alors que la mission onusienne est appelée à jouer un rôle d'appui au sein du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), créé dans le cadre des processus de Doha et de Washington pour surveiller le cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et l'AFC/M23. Trois officiers des Forces armées de la RDC ont rejoint Goma à la mi-juillet pour représenter Kinshasa au sein de ce dispositif, qui associe également des représentants de l'AFC/M23, tandis que l'Union africaine, le Qatar et les États-Unis y participent comme observateurs.