Confronté jeudi à ses propres déclarations passées lors du live Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le Professeur André Mbata a livré une prestation pour le moins explosive, oscillant entre défense académique de ses contradictions et révélation politique.
Face à des extraits audio où on l'entendait défendre avec ardeur la Constitution de 2006, alors qu'il était membre de l'opposition au sein de l'Union pour la Nation Congolaise de Vital Kamerhe, Mbata a choisi d'assumer sans détour. Réaffirmant d'abord que la Constitution de 2006 demeure « la meilleure depuis l'indépendance du 30 juin 1960 », il a cependant introduit une distinction capitale : « Je n'ai jamais dit qu'elle était intouchable. ». Pour lui, soutenir l'excellence d'un texte n'implique pas de le déclarer immuable, une nuance que la presse et les analystes politiques auraient, selon lui, trop souvent négligée.
Pour justifier l'évolution de ses positions doctrinales, le constitutionnaliste a eu recours à une analogie religieuse remarquée. Il a rappelé que le texte du « Notre Père » avait été modifié il y a huit ans sans que personne n'en fasse scandale, avant d'affirmer : « Ce que j'ai dit hier, je peux le corriger, c'est admis en science. ». Refusant d'être tenu à une cohérence qu'il juge relever de la dogmatique et non de la rigueur intellectuelle, il a lancé : « Je ne suis pas un politique, je suis un professeur des universités. »
Mais c'est sur un autre terrain que Mbata a véritablement fait basculer l'émission. Interrogé sur ses positions tranchées contre toute révision constitutionnelle à l'époque où il combattait le régime Kabila, il a lâché une affirmation : « Nous combattions un régime dont nous savions que le titulaire du pouvoir n'était pas congolais. Il fallait le faire partir. » Une déclaration qui ressuscite la vieille controverse sur la nationalité de l'ancien chef de l'État, et que Mbata a assumée sans ambages : « Nous voulions que Kabila parte. Et nous nous sommes battus. Il est parti. »