Ebola: riposte renforcée avec des avancées majeures dont l’analyse de tous les échantillons prélevés confirmant le nombre de cas à plus de 300 patients(Roger Kamba)

Photo d'illustration
Photo d'illustration

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans la coordination de la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola, qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, dans l’Est du pays. C’est ce qu’il faut retenir de la réunion du Comité de pilotage multisectoriel de la riposte contre la maladie à virus Ebola, présidée lundi 1er juin 2026 par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.

La réunion du Comité de pilotage multisectoriel faisait suite à la mission effectuée récemment à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie, par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, et le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya. Selon le ministre de tutelle, il a présenté les données actualisées ainsi que les orientations de la riposte. D’après les informations communiquées, l’ensemble des échantillons prélevés a été analysé, permettant d’obtenir une image plus précise de la situation de la maladie à virus Ebola.

Au cours de cette séance de travail, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a pris connaissance du rapport présenté par les membres de la délégation gouvernementale, et le Comité de pilotage de la riposte a décidé d’impulser une révision des différentes phases d’intervention afin d’adapter davantage la réponse aux réalités observées sur le terrain.

"Lors de cette réunion du comité de pilotage, nous avons d’abord restitué les informations sur la situation telle que nous l’avons observée au cours de la mission. La Première ministre, cheffe du gouvernement, a pris acte du rapport présenté. Nous avons ensuite passé en revue les différentes étapes destinées à renforcer la riposte. Nous avons examiné les avancées enregistrées. L’une des avancées majeures est que nous avons finalisé l’analyse de tous les échantillons qui avaient été prélevés. Nous sommes désormais en mesure de savoir exactement combien de personnes sont atteintes d’Ebola. À ce jour, nous comptons 343 malades d’Ebola", a déclaré le ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale Samuel Roger Kamba à l'issue de la réunion.

Selon le ministre Samuel Roger Kamba, cette consolidation des données permet désormais aux équipes de riposte de travailler sur une base plus précise et de mieux orienter les interventions.

"Trois cent quarante-trois, nous souhaitons désormais éviter de communiquer sur les cas suspects, car un cas suspect correspond à une situation pour laquelle nous n’avons pas encore de résultat. Aujourd’hui, nous disposons des résultats. L’information la plus importante est donc que nous travaillons à partir du nombre de cas confirmés que nous connaissons, soit 343, pour orienter et analyser l’ensemble de la riposte", a ajouté le ministre Samuel Roger Kamba

Revenant sur la question de l’absence de vaccins homologués et de traitement spécifique, le ministre Samuel Roger Kamba se veut rassurant. Il met en avant l’expérience de la RDC dans la gestion de cette maladie, ainsi que la prise en charge basée sur la mise en œuvre des mesures de santé publique.

"Il n’y a pas lieu de s’inquiéter à ce sujet. Je rappelle que nous avons vaincu quinze épidémies d’Ebola sans vaccin. Même lors de l’épidémie due à la souche Zaïre, pour laquelle nous avons finalement utilisé un vaccin, nous n’en disposions pas au début de la crise. Nous avons pourtant réussi à la maîtriser. Le vaccin constitue aujourd’hui un atout supplémentaire dans la prise en charge, mais, pour l’instant, les mesures de santé publique mises en œuvre sont suffisantes", a insisté le ministre Samuel Roger Kamba

Poursuivant son intervention, le ministre Samuel Roger Kamba considère cette étape comme un ouf de soulagement, d’autant plus qu’avec l’augmentation des cas suspects depuis le début de l’épidémie, cela donnait l’impression que la situation était incontrôlée après la déclaration officielle de l’épidémie.

"Le premier motif d’espoir est que, lorsque nous analysons correctement les chiffres, nous constatons que le nombre de cas est inférieur à celui qui était annoncé jusqu’ici. Avec 343 cas, la situation est plus favorable que ce que laissaient penser certaines estimations antérieures. Cela permet de relativiser les informations selon lesquelles nous serions confrontés à une explosion incontrôlée du nombre de cas, avec plusieurs centaines de nouveaux cas en seulement quinze jours", a-t-il fait remarquer lors de son intervention

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, avant de s’étendre aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Cette épidémie de maladie à virus Ebola, la 17ᵉ de l’histoire sanitaire de la RDC, intervient dans une région déjà fragile. La grave situation humanitaire dans l’Est du pays, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de populations et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

À cela s’ajoutent l’activisme des groupes armés locaux et étrangers ainsi que les opérations militaires entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui aggravent la vulnérabilité des populations de cette partie du pays, dans un contexte marqué par le statu quo des initiatives diplomatiques pilotées par les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar.

Clément MUAMBA