Le discours prononcé par Joseph Kabila marque un tournant par rapport à celui du 23 mai 2025. C'est l'analyse de Reagan Miviri, chercheur à l'institut Ebuteli, qui intervenait vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, aux côtés de Peter Kazadi (UDPS) et de l'opposant Seth Kikuni.
« Ce qui change, c'est l'annonce de l'action », a-t-il résumé. Le chercheur ramène la démarche de l'ancien président à une logique en quatre temps : alerter, proposer, rappeler qu'il a alerté et proposé, puis annoncer qu'il va agir. Cette fois, ironise-t-il, Joseph Kabila « a annoncé qu'il va annoncer ».
Pour Reagan Miviri, une telle formule n'a de sens que si l'ancien chef de l'État entend désormais s'exprimer « par des actes ». Il prévient toutefois que, s'il se contente de répéter le même message, l'opinion risque de ne plus le suivre.
Sur le fond, l'analyste juge le diagnostic de Joseph Kabila discutable sur certains points. Il trouve notamment « malhonnête » d'imputer au seul régime actuel tout ce qui arrive au pays. « Le Congo fait face à une agression, c'est une réalité », a-t-il rappelé, estimant que l'ignorer reviendrait à se placer hors de la réalité. Il reconnaît néanmoins l'existence de revendications légitimes et de préoccupations en matière de droits de l'homme, que l'ancien président n'est pas le seul à soulever.
Quant à la nature des « initiatives » annoncées pour les jours ou semaines à venir, Reagan Miviri avoue n'en rien savoir : « ce sont des suppositions ». Il relève cependant que, pour la première fois, Joseph Kabila évoque en termes voilés l'après-Tshisekedi.
L'ancien président a parlé de « continuité de l'État » à propos des accords de Washington, qui devraient selon lui rester en vigueur au-delà du chef de l'État actuel. S'agit-il d'une allusion à la fin du mandat de Félix Tshisekedi en 2028 ou d'autre chose ? « C'est à lui de nous le dire », conclut le chercheur.