L'opposant Seth Kikuni a pris le contre-pied de Peter Kazadi sur le discours de Joseph Kabila. Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, il a présenté l'allocution de l'ancien président comme « un dernier avertissement », qui sera selon lui « suivi d'une série d'actions probablement irréversibles ».
D'entrée de jeu, Seth Kikuni a accusé le cadre de l'UDPS d'entamer le débat « sur une note de mauvaise foi ». Il s'est dit étonné que son contradicteur tienne des propos « aussi légers » face à une situation que le « président honoraire » a qualifiée de grave. Pour l'opposant, Joseph Kabila a voulu signifier que le pays a atteint un point où les paroles n'ont presque plus d'importance.
Seth Kikuni a également contesté la lecture de Peter Kazadi, qui réduit la situation à une crise sécuritaire. L'ancien président évoquait selon lui une « crise existentielle », causée principalement par la mauvaise gouvernance actuelle. Il y ajoute l'inaction des citoyens, que Joseph Kabila assimile à une forme de complicité.
Rejetant l'idée d'un Kabila cherchant à se dédouaner, l'opposant a retenu trois enseignements du discours. D'abord, selon lui, le Congo laissé par Joseph Kabila en 2019 était « de loin meilleur » que celui dont il avait hérité en 2001. Seth Kikuni a d'ailleurs mis Peter Kazadi au défi de le contredire. Ensuite, le pays aurait connu une « régression généralisée » depuis la passation pacifique du pouvoir. Enfin, Seth Kikuni affirme que la RDC a vécu une décennie de paix entre 2012 et 2022, et désigne Félix Tshisekedi comme étant à la base des crises actuelles.
Interrogé sur le diagnostic de Joseph Kabila selon lequel la RDC n'est plus une république, encore moins démocratique, Seth Kikuni a abondé dans son sens : « Nous ne sommes ni une république ni une démocratie. » Il a estimé que l'ancien président l'a si bien dit qu'il ne voit pas l'intérêt d'en débattre, « sauf si on est de mauvaise foi ».