Le discours de Joseph Kabila n'a rien apporté de neuf, selon Peter Kazadi. Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le haut cadre de l'UDPS a accusé l'ancien président de chercher à se dédouaner de la crise sécuritaire qui frappe l'est du pays. Il débattait avec l'opposant Seth Kikuni et l'analyste Reagan Miviri, de l'institut Ebuteli.
« Kabila n'a rien dit de nouveau. Il a dit ce que nous connaissons », a lancé d'entrée Peter Kazadi, qui affirme avoir suivi l'allocution « de bout en bout ». Selon lui, l'ancien chef de l'État s'est contredit en voulant convaincre l'opinion nationale et internationale qu'il n'est pas responsable des guerres ayant conduit, dit-il, à une partition de fait du pays.
Reprenant une accusation récurrente du camp présidentiel, le cadre de l'UDPS a soutenu que « le M23, l'AFC, c'est Kabila », reprochant à l'ancien président de manquer « du courage d'assumer publiquement que c'est lui le chef ». Peter Kazadi le tient pour responsable des tueries et des violences sexuelles subies par les femmes dans l'Est.
Il lui reproche de se poser en opposant critiquant la mauvaise gouvernance, « comme si Tshisekedi avait fait appel au M23 et aux Rwandais » pour envahir le pays. Il qualifie cette démarche de « diversion ».
Interrogé sur le titre du discours, « Ne pas agir, c'est être complice », et sur un éventuel appel à l'insurrection, Peter Kazadi y voit plutôt « un aveu de faiblesse ». D'après lui, Joseph Kabila espérait rééditer la conquête de l'AFDL de 1996. Face à la résistance rencontrée, il chercherait désormais à mobiliser la population. « La population n'est pas dupe », a-t-il tranché, prédisant « un coup d'épée dans l'eau » qui « ne produira aucun résultat ».