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SMICO SA transfère son siège social à Lubumbashi et mise sur l’inclusion financière et la transformation digitale

Photo d'illustration

L’institution de microfinance SMICO SA a officiellement inauguré, vendredi, son nouveau siège social à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, marquant le transfert de ses installations de Goma vers la capitale cuprifère. Cette nouvelle implantation ouvre une étape importante dans le développement de l’institution, qui célèbre ses 17 ans d’existence et entend renforcer sa présence nationale, diversifier ses services et améliorer l’accès des Congolais aux solutions financières.

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités, dont le consul général de Belgique à Lubumbashi, Vincent Viaene, le directeur provincial intérimaire de la Banque centrale du Congo (BCC) dans le Haut-Katanga, Maurice Kilonda, le directeur général de SMICO SA, Pacifique Ndagano, ainsi que des partenaires et des responsables d’autres institutions de microfinance.

Le ruban symbolique a été coupé par Maurice Kilonda, représentant de l’autorité monétaire, consacrant officiellement l’installation du siège social de SMICO SA à Lubumbashi.

Un nouveau chapitre sans renier les origines

Prenant la parole à cette occasion, le directeur général de SMICO SA, Pacifique Ndagano, a présenté cette inauguration comme une étape de consolidation et de transformation, tout en rendant hommage aux victimes de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment à Goma et à Bukavu, deux villes étroitement liées à l’histoire de l’institution.

« Nous gardons une pensée pieuse pour nos compatriotes de l’Est, et parmi eux, nombreux de nos clients qui ont perdu la vie dans la guerre. Bukavu et Goma, berceaux de SMICO, nous pensons à tous nos clients, à leurs familles, à qui nous exprimons une profonde compassion », a-t-il déclaré.

Pour le directeur général, le transfert du siège social ne signifie nullement un abandon des communautés qui ont vu naître et grandir l’institution.

« Aujourd’hui, l’installation de notre siège social à Lubumbashi ne veut pas dire que nous tournons le dos à cette histoire, mais nous ouvrons un nouveau chapitre de consolidation, de transformation et d’élargissement de notre ambition », a-t-il précisé.

Née dans l’Est du pays, avec ses premières implantations à Bukavu puis à Goma, SMICO a progressivement étendu ses activités à d’autres provinces. Son installation à Lubumbashi s’inscrit dans cette dynamique d’expansion et de rapprochement avec les acteurs économiques du Grand Katanga.

Le consul général de Belgique à Lubumbashi, Vincent Viaene, a rappelé que SMICO est née, il y a 17 ans, d’une collaboration entre des banquiers congolais et belges.

« SMICO est née de la collaboration entre des banquiers congolais et belges. Il y a de cela 17 ans déjà. C’est une institution de microfinance bien établie à l’Est et dans le Katanga. La situation dramatique et injustifiable à l’Est du Congo a fait transférer son siège de Goma à Lubumbashi », a-t-il affirmé.

Une présence dans neuf provinces et des indicateurs en progression

Présentant le bilan de l’institution, Pacifique Ndagano a indiqué que SMICO SA compte désormais 12 agences réparties dans neuf provinces, près de 100 000 comptes clients et un réseau de 136 agents bancaires SMICO Cash. L’institution emploie également 136 collaborateurs, selon les données communiquées par son directeur général.

À fin août 2026, l’épargne mobilisée auprès des clients s’élevait à 32,8 millions de dollars américains, en hausse de 17 % sur un an. Le portefeuille de crédit atteignait 36,8 millions de dollars, au bénéfice de près de 5 000 emprunteurs actifs.

Sur les douze derniers mois, SMICO affirme avoir décaissé plus de 30 millions de dollars dans l’économie, soit une progression proche de 50 %.

Ces financements sont destinés notamment aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME), aux commerçants, aux salariés, aux établissements d’enseignement et aux groupes solidaires. Le directeur général a notamment évoqué plus de 900 bénéficiaires dans le secteur éducatif et plus de 1 500 membres de groupes solidaires.

Au-delà de la croissance de ses activités, l’institution met en avant des indicateurs financiers qu’elle présente comme des gages de solidité. Son ratio de solvabilité s’établit à 14,5 %, pour une norme de 10 %, tandis que sa liquidité immédiate atteint 36,6 %, contre une norme de 20 %. Son autosuffisance opérationnelle est de 125 %, et la rentabilité de ses fonds propres s’élève à 22 %, selon les chiffres communiqués par la direction.

SMICO SA indique également avoir reçu le premier prix de la transparence en microfinance en Afrique, décerné par le réseau MAIN. Elle se présente par ailleurs comme la première institution de microfinance agréée en RDC pour proposer des services de bancassurance et figure, selon sa direction, parmi les trois premières institutions de microfinance du pays.

Une offre adaptée aux réalités socio-économiques des Congolais

Au-delà des performances financières, Pacifique Ndagano a insisté sur la nécessité de proposer des services correspondant aux besoins spécifiques des différentes catégories de clients.

« Les Congolais entreprennent à différents niveaux, avec des réalités différentes, et leurs besoins financiers ne peuvent donc pas être identiques », a-t-il expliqué en substance.

L’institution entend ainsi accompagner aussi bien les jeunes qui souhaitent lancer leur première activité que les femmes entrepreneures, les petits commerçants, les salariés, les écoles privées, les églises, les organisations et les entreprises de sous-traitance minière.

Dans le Grand Katanga, où les activités minières structurent une partie importante de l’économie, SMICO entend notamment proposer aux sous-traitants et aux petites entreprises des solutions de financement adaptées à leurs besoins de trésorerie et à l’exécution de leurs marchés.

L’ambition affichée consiste à accompagner les clients au-delà du simple octroi de crédits, en leur permettant de structurer progressivement leurs activités et d’accéder, au fil de leur croissance, à des financements plus importants.

« Notre métier ne consiste pas seulement à financer ; il consiste à accompagner la croissance », a souligné le directeur général.

Cette approche s’inscrit dans la mission d’inclusion financière de l’institution, qui vise à faciliter l’accès aux services financiers pour les populations encore éloignées du système bancaire, notamment les femmes, les jeunes, les petits commerçants et les habitants des zones rurales et périurbaines.

SMICO indique également proposer gratuitement des formations en éducation financière portant notamment sur la gestion du budget, l’épargne régulière, l’emprunt responsable et l’utilisation sécurisée des services numériques. Ces formations sont destinées à être développées auprès des coopératives minières et agricoles, des associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), ainsi que des associations culturelles et professionnelles.

La digitalisation au cœur de la stratégie de proximité

La transformation digitale constitue un autre axe majeur du développement de SMICO SA. Engagée depuis 2019, elle vise à rapprocher les services financiers des clients, y compris dans les zones où l’ouverture d’agences physiques demeure difficile.

L’institution met à leur disposition plusieurs canaux, notamment l’application SMICO Mobile, la plateforme SMICO Web, le service SMICO WhatsApp, un centre d’appels et le réseau d’agents bancaires SMICO Cash.

En 2025, SMICO a également lancé SMICO Money, accessible au moyen du code *440033#, depuis un téléphone mobile, même sans smartphone ni connexion Internet. Ce service est relié aux portefeuilles mobiles des principaux opérateurs, selon les informations communiquées par la direction.

La digitalisation concerne aussi le traitement des demandes de crédit. SMICO affirme avoir réduit les délais de décaissement à sept jours pour un crédit professionnel et à quatre jours pour un crédit salarié.

L’institution a par ailleurs déployé la plateforme Odoo pour centraliser plusieurs fonctions de gestion, notamment la relation client, la comptabilité et les ressources humaines. Elle prépare également, avec des partenaires technologiques dont IT4LIFE, une intégration accrue de ses comptes avec les portefeuilles mobiles, afin de faciliter les opérations d’épargne, de paiement, d’emprunt et de remboursement.

La bancassurance pour mieux protéger les clients

Dans le cadre de la diversification de ses services, SMICO SA développe également la bancassurance en partenariat avec Rawsur Assurances depuis juillet 2025.

Selon Pacifique Ndagano, l’objectif est de compléter les solutions financières par des mécanismes de protection destinés aux emprunteurs, à leurs familles et aux entrepreneurs.

L’assurance solde restant dû permet notamment de couvrir le remboursement d’un crédit en cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur, conformément aux conditions du contrat. La direction affirme que plus de 93 % du portefeuille de crédit est couvert par cette assurance.

SMICO propose également des produits destinés à protéger les familles, l’épargne, la scolarité des enfants et les véhicules des clients. Parmi les solutions citées figurent les assurances Kimia, Sécuris Minerval, SMICO Auto et SMICO Safari.

Le directeur général a annoncé le lancement prochain de produits d’assurance santé et incendie. Depuis le début de l’année 2026, plus de 3 600 polices d’assurance auraient déjà été souscrites par les clients de l’institution.

Des partenaires financiers et techniques mobilisés

Le développement de SMICO repose également sur l’appui de partenaires financiers, institutionnels et techniques.

Pacifique Ndagano a notamment cité BIO, la société belge d’investissement pour les pays en développement, qui a accordé cette année un prêt de 5 millions de dollars destiné à soutenir la croissance de l’institution et son engagement en faveur des femmes et des petites entreprises.

Le Fonds pour l’inclusion financière en RDC (FPM) intervient dans le refinancement et l’assistance technique, tandis qu’Enabel, l’agence belge de développement, accompagne les initiatives visant à faciliter l’accès au financement pour les jeunes entrepreneurs.

La Fédération des entreprises du Congo (FEC), Rawsur Assurances, la GIZ, la Fondation Grameen Crédit Agricole et Opportunity EduFinance figurent également parmi les partenaires mentionnés par le directeur général, aux côtés des partenaires bancaires, de paiement et de transfert d’argent.

Un siège au service de nouvelles ambitions

Pour Pacifique Ndagano, l’inauguration du nouveau siège social à Lubumbashi dépasse la seule dimension immobilière. Elle traduit la volonté de doter l’institution d’un outil lui permettant de renforcer ses capacités, d’améliorer la qualité de ses services, de développer de nouveaux partenariats et de poursuivre son expansion.

« Nous n’inaugurons pas simplement un nouveau bâtiment. Nous inaugurons un outil au service d’une ambition », a-t-il déclaré.

Le directeur général a enfin exprimé sa reconnaissance aux clients pour leur confiance, aux partenaires pour leur accompagnement et aux collaborateurs pour leur engagement quotidien.

Avec ce transfert de siège, SMICO SA entend ainsi consolider son ancrage dans le paysage financier congolais, tout en maintenant ses liens historiques avec les communautés de l’Est du pays. À l’occasion de ses 17 années d’existence, l’institution affiche une ambition axée sur l’inclusion financière, la digitalisation, la diversification de ses produits et l’accompagnement durable des entrepreneurs et des ménages congolais.


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