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RDC : « Manassé Lomboto a été tué par des éléments de la Force du progrès agissant sous les ordres d’Augustin Kabuya », affirme la C64

Photo d'illustration

Près d’un mois après les incidents ayant marqué sa marche du 15 septembre dernier à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a rendu public son rapport sur les événements.

Le document, consulté ce mardi 6 octobre par ACTUALITÉ.CD, revient notamment sur les circonstances de la mort de Manassé Lomboto, garde du corps de Prince Epenge, président du parti politique ADD Congo et membre cofondateur de la C64.

La plateforme de l’opposition accuse des éléments de la « Force du progrès », structure liée à l’UDPS, d’être responsables de la mort de ce jeune homme âgé de 25 ans. Elle met également en cause Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, qu’elle accuse d’avoir donné des ordres aux membres de cette structure lors des violences qui ont émaillé le cortège des militants de la C64 parti de la place de l’Échangeur, dans la commune de Limete.

« Manassé LOMBOTO BOMENGOLA a été ainsi tué par des éléments de la “Force du Progrès” dirigée par le nommé MUSELU, agissant sous les ordres et instructions de M. Augustin KABUYA TSHILUMBA, président a.i. et secrétaire général de l’UDPS. La milice de l’UDPS “Force du progrès” a été appuyée par la Police nationale et l’armée nationale », affirme la C64 dans son rapport.

La coalition fait également état de plusieurs blessés graves parmi les manifestants et de pertes matérielles importantes. Elle tient Félix Tshisekedi pour « responsable politique » de la mort de Manassé Lomboto ainsi que des autres violations des droits humains qu’elle dit avoir constatées lors de cette journée.

« La responsabilité politique et pénale de Monsieur Félix Tshisekedi et de son régime est engagée dans la planification de l’élimination d’opposants en raison de leur opinion. Les leaders de l’opposition membres de la C64 ont été visés dans leur intégrité », soutient encore le document.

Ces accusations interviennent après la marche organisée le 15 septembre à Kinshasa par la C64 contre toute initiative visant, selon ses membres, à modifier ou à changer la Constitution.

À Kinshasa, le cortège, parti de l’Échangeur de Limete, avait été marqué par des affrontements et des actes de violence à hauteur des 11e et 10e rue de Limete, non loin du siège de l'UDPS, parti au pouvoir.

Le dossier de Manassé Lomboto avait par ailleurs connu un autre rebondissement lors de ses obsèques. Prévues le 26 septembre dernier à Kinshasa, la levée de son corps et son inhumation avaient été empêchées in extremis, à la suite d’une réquisition du parquet de grande instance de Kinshasa/Kalamu. 

Le ministère public avait demandé au Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire de conserver la dépouille jusqu’à la fin des enquêtes judiciaires sur les circonstances de son décès.

Samyr LUKOMBO